Botschaft des Päpstlichen Rats für den Interreligiösen Dialog zum Ende des Ramadan (Französisch)

Erzbischof Michael Louis Fitzgerald: Construire la paix aujourd’hui

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VATIKAN, 19. November 2003 (ZENIT.org).- Anlässlich des Endes des islamischen Fastenmonats Ramadan (‘Id al-Fitr, 1424 A.H. / 2003 A.D.) veröffentlicht der Päpstliche Rat für den Interreligiösen Dialog eine Glückwunschbotschaft an die Muslime, die das Thema “Heute den Frieden aufbauen” hat. Wir veröffentlichen den von Erzbischof Michael Louis Fitzgerald, dem Präsident Rates, unterzeichneten Text im französischen Original.




Construire la paix aujourd’hui

Chers amis musulmans,

1. Le temps du Ramadan arrive à nouveau. Il m’est agréable de vous saluer en cette occasion et de vous offrir mes meilleurs souhaits. Durant ce mois particulier, le repas communautaire, l’iftâr, qui rompt le jeûne à la fin du jour, réunit les membres de la famille et les amis dans une ambiance joyeuse. Bien souvent, les personnes d’autres religions sont invitées à prendre part à ce moment de convivialité et des chrétiens ont pris l’habitude d’organiser un iftâr pour leurs amis musulmans.

De tels signes d’amitié sont appréciables, particulièrement en ce temps où il y a tant de troubles et de tensions dans le monde. Aussi, est-ce dans ce même esprit de fraternité que j’étends mes salutations et celles du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux à tous les musulmans du monde entier, en particulier à l’occasion de l’‘Id al-Fitr, la fête qui clôt le mois de Ramadan.

2. Comme il est de coutume avec ce message annuel, je voudrais partager avec vous quelques réflexions et il me semble approprié de centrer celles-ci sur la nécessité de construire la paix. Mon point de départ est une lettre que le pape Jean XXIII adressait à toutes les personnes de bonne volonté, il y a quarante ans, en 1963. Cette lettre, intitulée Pacem in Terris, «Paix sur la terre», propose de considérer la paix comme un édifice reposant sur quatre piliers : la vérité, la justice, l’amour et la liberté. Chacune de ces valeurs doit être présente pour qu’il y ait des relations bonnes et harmonieuses entre les peuples et entre les nations.

3. La vérité vient en premier. Elle inclut la reconnaissance de ce que les êtres humains ne sont pas leurs propres maîtres, mais sont appelés à réaliser la volonté de Dieu, le Créateur de tous, qui est la Vérité absolue. Dans les relations humaines, la vérité implique la sincérité ; celle-ci est essentielle à la confiance mutuelle et à un fructueux dialogue conduisant à la paix. La vérité, de plus, amène chaque individu à connaître ses propres droits, mais aussi, ses devoirs envers les autres.

4. Cependant, la paix ne peut pas exister sans la justice, le respect pour la dignité et les droits de chaque personne humaine. Ce sont les injustices dans les relations individuelles, sociales et internationales, qui provoquent tant de troubles dans notre monde d’aujourd'hui et entraînent des violences.

5. La justice doit, néanmoins, être tempérée par l’amour. Celui-ci implique la capacité de reconnaître que nous appartenons tous à une seule famille humaine, et donc de voir nos semblables comme nos frères et nos sœurs. Il donne une aptitude à prendre part, à la fois, aux joies et aux peines. Il fait sentir aux personnes les besoins des autres comme s’ils étaient les leurs et cette empathie les pousse à partager avec les autres leurs propres dons, non seulement les choses matérielles mais aussi les valeurs intellectuelles et spirituelles. L’amour, de même, tient compte des faiblesses et ainsi il rend capable de pardonner. Le pardon est essentiel pour reconstruire la paix après un conflit, car il offre la possibilité d’un recommencement, sur de nouveaux fondements, d’une relation restaurée.

6. Tout cela suppose la liberté, une caractéristique essentielle de la personne humaine. La liberté permet aux personnes d’agir selon la raison et d’assumer la responsabilité pour leurs propres actions. En fait, chacun de nous est responsable devant Dieu pour notre contribution à la société.

7. A ces quatre piliers, je serais porté à en ajouter un cinquième, à savoir la prière. Car, en tant qu’êtres humains, nous sommes conscients de notre faiblesse. Nous découvrons combien il est difficile d’être fidèles à ces idéaux. Nous avons besoin de l’aide de Dieu et pour cela, nous devons l’implorer humblement. Citons ici quelques paroles du pape Jean-Paul II :

«Si la paix est un don de Dieu et a sa source en lui, où est-il possible de la chercher et comment pouvons-nous la construire si ce n’est dans un rapport intime et profond avec lui ? Bâtir la paix dans l’ordre, dans la justice et dans la liberté requiert donc l’engagement prioritaire de la prière, qui est ouverture, écoute, dialogue et en dernier ressort union avec Dieu, source originelle de la paix véritable ». (Discours pour la Journée de la prière pour la Paix, Assise, 24 janvier 2002).

Le pape poursuit en disant que la prière n’est pas une forme d’évasion. Au contraire, elle nous permet d’affronter la réalité avec une force qui vient de Dieu.

8. Le mois de Ramadan n’est pas seulement un temps de jeûne, mais aussi une période de prière intense. Et je veux vous assurer, mes amis musulmans, que nous sommes unis avec vous dans la prière au Dieu tout-puissant et miséricordieux. Puisse-t-Il bénir chacun de vous et tous les membres de vos familles ! Puisse cette bénédiction être source de réconfort en particulier pour ceux qui ont souffert ou qui souffrent toujours à cause des conflits armés ! Puisse le Dieu de bonté nous donner la force d’être de vrais constructeurs de paix !

Avec mes meilleurs vœux pour une Sainte Fête, ‘Id mubârak.

Mgr Michael L. Fitzgerald

Président

[Texte original: Français]