150 ans de L'Osservatore Romano, « premier global newspaper »

A propos de la réédition du livre anniversaire, par Giulia Galeotti

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ROME,  jeudi 10 novembre 2011 (ZENIT.org) – « Une nouvelle incroyable », commente Giulia Galeotti, à l’annonce d’une  réédition du livre intitulé: « Un journal très particulier. Les 150 ans de L’Osservatore Romano », d’Antonio Zaardi Landi et Giovanni Maria Vian, sorti dans les librairies italiennes il y a un an à peine.

« Dans un panorama éditorial qui publie un nombre exagéré de volumes par rapport à un nombre de lecteurs presque dérisoire »,  écrit dans L’Osservatore Romano, la journaliste et historienne italienne, « la réédition d’un livre qui n’appartient pas au cercle étroit des signatures capables de faire exploser le classement des meilleures ventes est un fait extrêmement rare ».

Le livre, publié sous la direction de l'ambassadeur d'Italie près le Saint-Siège, Antonio Zanardi Landi - aujourd’hui ambassadeur à Moscou-, et du directeur de 'L'Osservatore Romano', est sorti la première fois en octobre dernier, deux mois plus tard en français (cf. ZENIT 13 décembre 2010).

Sa réédition a été annoncée par le directeur de la maison d’édition du Vatican, la "Libreria editrice vaticana", don Giuseppe Costa, lors d’une table-ronde, à Pordenone (en Italie), entre Antonio Zanardi Landi, le luthérien Joerg Bremer, correspondant à Rome et au Vatican d’un quotidien allemand, le «Frankfurter Allgemeine Zeitung», et Giovanni Maria Vian, le directeur de L’OR.
 
Les auteurs de l’ouvrage se sont dits à la fois « surpris et heureux » de la nouvelle. Le directeur de L’OR a rappelé qu’il ne s’agissait pas uniquement d’un « très beau » livre venu démentir le proverbe « vite et bien est impossible », mais d’un livre qui a surtout su « s’imposer » grâce à  son personnage clef : « un journal aussi connu qu’inconnu du fait de son histoire et son actualité ».

Au cours de la table-ronde, faisant ressurgir des faits liés à l’histoire du journal, le journaliste Joerg Bremer a apporté de nouveaux maillons à la longue tradition du quotidien du Saint-Siège.

Il a raconté, rapporte entre autres la journaliste dans son article,  qu’au début des années 80, le « Frankfurter Allgemeine Zeitung », l’avait envoyé comme correspondant en Pologne, et qu’il lui était  arrivé de voir le journal circuler dans les mains des opposants catholiques au régime communiste, aux domiciles d’intellectuels comme le futur premier ministre Tadeusz Mazowiecki (né en 1927) ou l’écrivain Andrzej Szczypiorski (1924-2000).

Pour la lutte de Solidarność, a-t-il ajouté, L’OR constituait « un élément important et un grand soutien car il symbolisait la présence continue du pape polonais dans sa patrie ». Et le régime n’osait pas prendre de mesures contre cette presse, à ses yeux, subversive.

Giulia Galeotti rapporte toute une autre série d’épisodes racontés par Broemer, et tirés de sa vie professionnelle. Des épisodes qui, commente-t-elle, renforcent le caractère précieux et varié de cet « héritage » multilingue de voix dont L’OR est porteur depuis 150 ans, lui valant le mérite d’être considéré par les auteurs de l’ouvrage comme un « journal universel », le «premier global newspaper».

Giulia Galeotti  se tourne vers l’avenir, rendant encore une fois hommage au long passé du quotidien du Saint-Siège, faisant l’éloge de son « regard capable d’enquêter et d’expliquer les conflits, les crises, les étapes franchies, d’analyser et de tenter de freiner des phénomènes comme l’indifférence et les peurs ataviques auxquels une certaine science fournit des armes de plus en plus sophistiquées ».

Elle termine par une dernière considération de Joerg Bremer :  « Une nouvelle orientation de la société sans L’Osservatore Romano paraît impossible (…). Ce journal sera très probablement toujours la seule interface centrale, vivante et critique, entre le pape, l’Eglise et le monde ».

Isabelle Cousturié