2008 : Année européenne du dialogue interculturel

Le premier débat à Bruxelles portera sur le dialogue interreligieux

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ROME, Lundi 7 janvier 2007 (ZENIT.org) - « La foi parle de la grandeur de l'homme et la foi donne naissance à un humanisme qui ne détruit pas la culture mais qui l'enrichit » a déclaré le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, dans un récent entretien accordé à Radio Vatican, dans le cadre du lancement de l'année européenne du dialogue interculturel 2008.

« Ensemble dans la diversité » est la devise de l'Année européenne 2008. Cette initiative, lancée au début du mois dernier par la Commission européenne vise à promouvoir la richesse de la diversité culturelle tout en renforçant le sentiment d'appartenance à l'Union.

Sensibiliser les Européens à l'importance du dialogue, promouvoir les valeurs communes du respect mutuel, encourager les échanges et les débats : tels sont les objectifs de cette initiative, soutenue par l'UE, les Etats membres et la société civile européenne, qui souhaite jeter les fondements d'initiatives stratégiques dans le domaine du dialogue interculturel.

Pour promouvoir un espace européen commun de dialogue interculturel, un site européen www.dialogue2008.eu a été élaboré en collaboration avec des organisations de la société civile.

Ainsi est-il annoncé sur ce site, que Bruxelles accueillera notamment sept débats en 2008 (à raison d'un débat tous les deux mois). Chacun de ces débats adoptera un point de vue sectoriel spécifique sur le dialogue interculturel et couvrira des thèmes comme les médias, l'art et l'héritage, le lieu de travail, le dialogue, l'éducation et la jeunesse, ainsi que la migration et l'intégration.

Le premier débat, qui aura lieu en mars prochain, portera sur le dialogue inter-religions. Sur ce point, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a confié à Radio Vatican quelques réflexions sur les points d'intersection entre culture et religion, foi et raison.

« Il n'y a pas de culture sans religion, et il n'y a pas de religion sans culture », a-t-il affirmé, tout en rappelant ce que le pape Jean Paul II disait lui-même à ce propos : « une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n'est pas complètement accueillie ».

Le cardinal Tauran estime qu'il est important de souligner que « l'Eglise ne peut pas être enfermée dans une culture », parce que l'Eglise « ne transmet pas un système de pensée, ne transmet pas un livre du passé, mais elle transmet la parole du Dieu vivant ».

« Le dialogue interreligieux évidemment se situe au niveau de la relation de l'homme avec Dieu, de l'homme qui se pose les grandes questions sur le sens de la vie, sur le sens de la mort, le sens du mal », a poursuivi le cardinal Tauran en expliquant que « dans le dialogue interreligieux il y a toute une pédagogie qui aide à prendre conscience de l'unité du genre humain, de la dignité de la personne et qui débouche fatalement sur l'exigence du pardon et de la connaissance réciproque ».

En présentant ce prochain débat sur le dialogue inter-religions, la commission européenne souligne pour sa part, dans une note sur son site, que « les croyances, philosophies et convictions religieuses font partie intégrante de la diversité culturelle qui, à travers le dialogue, enrichit nos sociétés et contribue à l'épanouissement personnel » mais reconnaît qu'au sein de nos sociétés de plus en plus multiculturelles « la diversité des fois, croyances et convictions peut mener à des malentendus et des craintes ».

Pour la commission, ces craintes et ces malentendus peuvent être vaincus par « un dialogue basé sur le respect entre individus en encourageant une ouverture et une connaissance mutuelles ».

Et c'est ce dialogue que l'Année européenne du dialogue interculturel 2008 vise à encourager dans et entre les communautés religieuses, conclut-elle, en rappelant que « les activités éducatives : promouvant le savoir, le respect et l'ouverture envers les autres croyances, ont un rôle important à jouer ».

Isabelle Cousturié