25e anniversaire de la rencontre d'Assise, à Paris

"Appel de Paix" de l'esplanade des Droits de l'Homme

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ROME, vendredi 28 octobre 2011 (ZENIT.org) – Pour fêter le 25e anniversaire de la rencontre interreligieuse d’Assise – 27 octobre 1986 - le pape Benoît XVI a présidé une matinée de prière à Rome le 26 octobre, puis il s’est rendu en pèlerinage à Assise le lendemain, pour continuer, avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté, à marcher sur le chemin du dialogue et de la fraternité. À Paris, un rassemblement a eu lieu sur le Parvis des Droits de l’Homme, Place du Trocadéro.

Le diocèse de Paris publie les différentes interventions de ce rassemblement et cet appel final pour la paix dans le monde:

„ Appel de Paix »

Hommes et femmes, représentants de religions différentes en France, nous nous sommes rassemblés ce soir sur le parvis des Droits de l’Homme du Trocadéro. Notre présence commune en ce lieu symbolique manifeste notre attachement à la coopération des religions pour la paix entre les hommes. Nous vivons cette réunion dans l’« Esprit d’Assise », et en écho au rassemblement des nombreux responsables religieux du monde entier, aujourd’hui autour du pape Benoît XVI à Assise.

En nous rassemblant, nous voulons marquer par un signe fort la proximité maintenant ancienne et éprouvée entre les responsables, et entre tous les fidèles de nos différentes religions. Nous sommes reconnaissants envers celles et ceux qui ont su entretenir cette espérance à travers les moments difficiles, quand les crises ont risqué de faire vaciller la confiance qui avait pu se tisser.

Aujourd’hui comme hier, la tentation est grande de se replier sur soi-même et d’utiliser les religions pour nous diviser. Cette tentation est attisée par les déséquilibres sociaux, démographiques, politiques ou commerciaux que nous affrontons. Le monde dans lequel nous vivons est trop souvent attiré par ce qui divise plus que par un sentiment de sympathie envers autrui ; il est plus sensible à l’affirmation de soi qu’au bien commun. Dans bien des régions du monde, la violence augmente ainsi qu’une crise de sens. Un tournant s’impose !

La mondialisation a besoin de trouver une âme. L’égoïsme mène à une civilisation de la mort, qui fait beaucoup de victimes. C’est pourquoi, il nous faut tourner les yeux vers le haut, nous ouvrir à l’espérance et devenir capables d’une vision de la justice qui dépasse nos horizons français ou européens. Nous devons, avec force, affronter à nouveau le problème de la paix dans toutes ses dimensions. Nous sommes conscients de la responsabilité des religions, dans le danger qu’elles font courir à la paix quand elles ne tournent pas leur regard vers le haut. Celui qui se sert du Nom de Dieu pour haïr l’autre et tuer, blasphème le Saint Nom de Dieu. C’est pourquoi nous pouvons dire : il n’y a pas de futur dans la violence et la guerre ! Il n’y a pas d’alternative au dialogue.

Nous sommes destinés à vivre ensemble et nous sommes tous responsables de l’art du vivre ensemble. Le dialogue s’est révélé aujourd’hui l’outil le plus intelligent et le plus pacifique pour cela. C’est la réponse aux prédicateurs de la terreur, qui vont jusqu’à employer les discours des religions pour répandre la haine et diviser le monde. Car aucun homme, aucune femme, aucun peuple n’est appelé à vivre seul, l’humanité a une vocation et un destin commun : celui de l’unité.

Regardons-nous avec davantage de sympathie et beaucoup, tout, redeviendra possible. En France, dans nos villes, nos quartiers, nos écoles, nos entreprises et nos associations, les croyants des différentes religions ont appris depuis des années, des siècles parfois, à vivre non pas les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. Le dialogue est une force simple à la disposition de tous. Avec le dialogue nous construirons un monde pacifié. Devenons tous des artisans de paix. Oui, que Dieu concède à notre monde le don merveilleux de la paix.

Paris, esplanade des Droits de l’Homme, le 27 octobre 2011