40 ans de « Ad gentes » : « Nous avons reçu beaucoup de la part des missionnaires »

Parole d’évêques africains

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ROME, Lundi 13 mars 2006 (ZENIT.org) – « En tant qu’Eglise africaine nous avons reçu beaucoup de la part des missionnaires. Maintenant nous devons nous faire missionnaires, de façon à ce que d’autres reçoivent l’annonce de l’Evangile », ont déclaré l’archevêque de Katanga, en République démocratique du Congo, et l’archevêque de Garoua, au Cameroun. Il soulignent le « rôle irremplaçable des laïcs » et en particulier des femmes africaines.



L’agence vaticane Fides publie en effet aujourd’hui des synthèses des différentes interventions au congrès international organisé par la congrégation pour l’Evangélisation des Peuples et l'université pontificale Urbanienne pour célébrer le 40e anniversaire du décret conciliaire sur la mission, « Ad Gentes ».

« En tant qu’Eglise africaine nous avons reçu beaucoup de la part des missionnaires. A présent, nous devons nous faire missionnaires, de façon à ce que les autres reçoivent l’annonce de l’Evangile par nous”, affirment Mgr Godefroid Mukeng’a Kalond, archevêque de Katanga de la République démocratique du Congo, et Mgr Antoine Ntalou, archevêque de Garoua, au Cameroun.

Les deux archevêques ont pris la parole dans l’après-midi du vendredi 10 mars, en présentant les défis et les perspectives de la Mission en Afrique.

« Nous aurons besoin de l’aide des missionnaires encore pour quelques années, puis grâce à Dieu l’actuel nombre des vocations nous permettra de marcher avec le clergé local », affirmait Mgr Ntalou.

“Même en République démocratique du Congo nous nous acheminons vers une Eglise non seulement en mesure d’opérer avec le clergé mais aussi de nous ouvrir à la dimension missionnaire universelle », ajoutait Mgr Mukeng’a Kalond.

Les deux archevêques soulignaient que les communautés ecclésiales encore jeunes sont seulement au début de ce nouveau chemin, car « l’esprit missionnaire immuable est justement celui de l’Eglise du Christ assume d’en former de nouvelles selon les temps ».

« Hier, les missionnaires européens évangélisaient l’Afrique. Aujourd’hui, à leurs côtés, des missionnaires locaux travaillent et les prêtres « Fidei Donum » africains travaillent en Europe. Au Congo et en Afrique centrale, l’évangélisation a été commencée par les instituts religieux. A l’avenir, la mission en Afrique sera confiée aux Eglises particulières, qui, dans la réalisation de leur mission sont appelées à dépasser les frontières des pays et à rechercher la solidarité et le changement de personnel et des ressources », déclarait l’archevêque.

« Mon diocèse , précisait Mgr Mukeng’a Kalond, a envoyé plusieurs prêtres « Fidei Donum » en France, en Belgique et en Italie. J’ai fait moi-même une expérience de ce type en Sicile. Il s’agit d’une forme de collaboration nouvelle entre des Eglises sœurs qui portent des fruits pour les deux. Les prêtres acquièrent des connaissances nouvelles et des liens fraternels qui durent dans le temps se forment ».

« Les prêtres « Fidei Donum », indiquait pour sa part Mgr Ntalou, nous aident à former des jumelages entre les diocèses, une autre forme innovante de l’action missionnaire ».

« En Afrique, nous organisons des jumelages entre des diocèses du même continent et aussi du même pays, expliquait Mgr Mukeng’a Kalond. En République démocratique du Congo effectivement, nous avons de nombreuses vocations qui ne sont toutefois pas réparties de façon uniforme sur l’ensemble du territoire. Les jumelages entre diocèses permettent d’envoyer les prêtres là où ils servent le plus ».

Les deux archevêques africains tombaient d’accord pour dire que « dans le contexte africain, le rôle des laïcs est irremplaçable ».

« On s’est souvenu que les deux premiers collaborateurs africains des missionnaires européens étaient par la force des choses des laïcs. Actuellement les catéchistes constituent l’épine dorsale de nos communautés. Leur rôle est si important que différents évêques africains ont renoncé pour le moment à consacrer des diacres permanents pour se concentrer sur la formation des catéchistes. Une formation qui devra toujours plus s’ouvrir à la dimension missionnaire. C’est un chemin que nous avons commencé à parcourir depuis peu de temps, la route est encore longue, mais nous sommes confiants parce que c’est le futur de la mission », faisaient-ils observer.

« Je voudrais aussi rappeler, a conclu Mgr Ntalou, le rôle des femmes africaines : que ce soit au niveau individuel ou au niveau associatif, elles sont une merveilleuse réserve d’énergie et de disponibilité pour l’animation et l’inculturation de l’Evangile, à travers la direction de groupes de prière, l’animation de la catéchèse et l’organisation culturelle et matérielle de la communauté chrétienne », toujours selon Fides.