A la rencontre de l'Asie : 6.000 jeunes autour du pape

Prière pour l'unité de la Corée au sanctuaire de Solmoe

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 617 clics

Quelques 6.000 jeunes de 23 pays d’Asie avaient rendez-vous avec le pape François ce 15 août 2014, dans le cadre de la VIe Journée asiatique de la jeunesse, intitulée ‘‘La gloire des martyrs brille sur vous’’.

Au deuxième jour de son voyage apostolique en Corée du Sud (13-18 août), le pape François a rejoint les jeunes rassemblés au sanctuaire de Solmoe, lieu de naissance du premier prêtre coréen et premier martyr, saint André Kim Tae-gon (1821-1846).

Les questions des jeunes d’Asie

En arrivant sur le site du sanctuaire, situé à une cinquantaine de kilomètres de Daejeon – où il a célébré ce matin la messe de l’Assomption – le pape s’est recueilli devant la maison de saint André Kim, mort pour sa foi à seulement 25 ans. Jean-Paul II l’a canonisé avec 102 autres martyrs le 6 mai 1984 à Séoul.

Entré aux environs de 17h15 (10h15 heure de Rome) sous la tente des jeunes, le pape François a été accueilli par de grandes ovations enthousiastes. Après le salut de l’évêque de Daejeon, Mgr Lazzaro You Heung-sik, des jeunes Indonésiens ont interprété des danses rythmées, vêtus de costumes traditionnels colorés, devant le pape souriant.

Trois jeunes du Cambodge, de Hong Kong et de Corée se sont fait les interprètes des questions de la jeunesse asiatique, exprimant leurs préoccupations au pape qui prenait des notes attentivement : May, jeune fille du Cambodge a confié sa recherche de vocation et a évoqué les martyrs de l'Eglise de son pays, invitant le pape à y venir. Giovanni, un Chinois vivant à Hong Kong, a évoqué les difficultés des Chinois catholiques et Marina, jeune Coréenne, a parlé de la recherche du bonheur et a déploré la division entre les "deux Corées".

La rencontre s’est poursuivie avec une scénographie sur l’histoire du Fils prodigue, où des jeunes rayonnants, plein d’énergie ont mimé la parabole, entre humour et gravité, avec force talents de comédiens. Le pape les a applaudis de bon cœur.

Ce qui compte vraiment dans la vie

Puis il a pris la parole en anglais, pour son troisième discours dans cette langue depuis son arrivée en Corée : « Aujourd’hui, le Christ frappe à la porte de votre cœur. Il vous appelle à vous lever, à rester éveillés et alertes, et à voir les choses qui, dans la vie, sont vraiment importantes. Mieux, il vous demande d’aller sur les routes et sur les chemins du monde, frappant aux portes du cœur des gens, les invitant à le recevoir dans leurs vies. »

Dans un tweet publié en marge de l’événement sur @Pontifex_fr, le pape redisait : « Chers jeunes, le Christ vous appelle à être avisés et vigilants pour reconnaître ce qui compte vraiment dans la vie. »

Le pape a une nouvelle fois fustigé « l’esprit du monde » qui provoque un « désert spirituel » chez les hommes : « germes d’égoïsme, d’hostilité et d’injustice, inégalité croissante entre riches et pauvres, idolâtrie de la richesse, du pouvoir et du plaisir, pauvreté spirituelle, solitude et désespoir silencieux. Dieu semble absent du tableau ».

Cependant, a-t-il affirmé « l’Esprit de Jésus peut apporter une vie nouvelle à chaque cœur humain et peut transformer chaque situation, même apparemment les plus désespérées. Sa parole a le pouvoir de toucher chaque cœur, de vaincre le mal par le bien, de changer et de racheter le monde ».

Le pape a appelé les jeunes à être témoins de ce message d’espérance « à l’école, dans vos lieux de travail, dans vos familles, à l’université et dans vos communautés » : « le Seigneur compte sur vous ! ». « Êtes-vous prêts à lui dire ‘‘oui’’ ? », a-t-il demandé aux jeunes qui ont répondu sans hésiter : « Oui ! ».

La Corée est une, mais divisée

« Etes-vous fatigués ? » - « Non ! ». Quittant son texte préparé, le pape s’est alors mis à parler d'abondance de coeur en italien, traduit par un interprète, afin de répondre plus précisément au propos des trois jeunes porte-parole.

Evoquant la recherche de la vocation, le pape a souligné : « Quand le Seigneur appelle, quel que soit l'état de vie, c'est toujours le même but : adorer Dieu et faire le bien ». Ainsi, il ne s'agit pas de « choisir une voie », mais de « choisir le Seigneur » et de lui demander « que dois-je faire ? ». Le pape a invité les 6.000 jeunes asiatiques à prier ainsi avec lui : « Seigneur, que veux-tu de ma vie ? ».

« Il y a tant de saints au Cambodge, mais l’Eglise n’a encore canonisé personne… je te promets d’en parler à mon retour à Rome avec le cardinal Angelo Amato (préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ndlr) et d’étudier cela », a-t-il assuré à la jeune Cambodgienne.

S’adressant ensuite à Marina, il a souligné avec tristesse : « Il y a pas deux Corées, il y en a une seule, mais elle est divisée ». Il a invité les jeunes à « prier pour les frères du Nord » en silence. Mais il a confié son espérance : « La Corée est une même famille : vous parlez la même langue. Quand on parle la même langue, il y a toujours une espérance. »

Enfin, saluant les interprètes de la parabole du Fils prodigue, le pape a conclu sur la Miséricorde de Dieu : « On fait parfois des choses très mauvaises dans la vie, mais s’il-vous plaît, retournez à la maison ! Le Père vous attend et si vous êtes pécheur il fera la fête ! Et vous les prêtres, embrassez les pécheurs et soyez miséricordieux ! »

« Le moment est arrivé où je dois prendre congé de vous » : le pape a fini son discours aux environs de 19h, donnant rendez-vous aux jeunes après-demain, dimanche 17 août, pour la conclusion de la journée asiatique. Après un Notre Père, main dans la main, il a quitté le sanctuaire pour rentrer à Séoul, où il loge à la nonciature apostolique.

Lors du déjeuner déjà, le pape avait anticipé cette rencontre en partageant son repas avec une vingtaine de jeunes, tous représentants de différents pays d’Asie : "c’était joyeux, ils sont restés avec lui pendant une heure et demie. D’une certaine façon, ils représentaient tous leurs camarades et ils pourront ensuite raconter cette expérience de rencontre personnelle avec un pape aussi affable, aussi cordial, à qui ils ont pu faire dédicacer leurs livres, à qui ils ont pu faire des petits cadeaux et poser les questions les plus curieuses", a rapporté le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, dans la soirée.