Abus commis sur des enfants : Profonde affliction de Benoît XVI

Homélie de la messe à la cathédrale de Westminster

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ROME, Samedi 18 septembre 2010 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI a de nouveau dit son « affliction profonde » pour l'immense souffrance infligée à des enfants du fait des abus dont se sont rendus coupables des membres du clergé.

Le pape est revenu sur le scandale des absus sexuels au cours de son l'homélie de la messe qu'il a présidée ce samedi matin à Londres, en la cathédrale de Westminster. Il avait déjà abordé la question dans l'avion de Rome à Edinbourg, jeudi dernier (cf. Zenit du 16 septembre 2010).

« De nouveau, a dit le pape dans son homélie, je pense à l'immense souffrance provoquée par les abus commis sur les enfants, spécialement au sein de l'Église et par ses ministres ».

Le pape a exprimé sa « profonde affliction aux victimes innocentes » en « espérant que la puissance de la grâce du Christ et son sacrifice de réconciliation leur apporteront une profonde guérison et la paix ».

Il a aussi redit la « honte » ressentie et l'exigence de « purification » de l'Eglise : « Je reconnais aussi, avec vous, la honte et l'humiliation dont nous avons tous souffert à cause de ces péchés ; et je vous invite à les offrir au Seigneur, sûrs que le châtiment contribuera à la guérison des victimes, à la purification de l'Église et à un renouveau de son engagement séculaire dans l'éducation et dans la sollicitude pour les jeunes ».

Le pape a également redit la priorité du soutien aux victimes : « J'exprime ma gratitude pour les efforts qui ont été faits afin de traiter ce problème de manière responsable, et je demande à chacun d'entre vous d'apporter votre soutien aux victimes et d'être solidaires de vos prêtres ».

Dans l'avion, le pape avait confié que pour lui « ces révélations ont été un choc » qui ont provoqué en lui « une grande tristesse ». Il se demande encore comment une telle « perversion du ministère sacerdotal » a été « possible ».

Mais le pape a également dit sa « tristesse » de voir que « l'Eglise n'a pas été vigilante » ni « prompte à prendre de rapides décisions ».

C'est pourquoi, citant sa lettre aux Irlandais il redit que c'est le « moment de la pénitence et de l'humilité », d'une « sincérité renouvelée ». Des mots que le pape répète deux fois : c'est le « temps » de la pénitence, de l'humilité, pour réapprendre une « absolue sincérité ».

Mais le pape rappelle qu'il a demandé une action décisive dans trois directions et tout d'abord « l'aide aux victimes », qui est la « priorité » : il faut « réparer » « aider à surmonter ce traumatisme », à « retrouver la vie », et la « confiance dans le message du Christ ». Une aide « matérielle » et « spirituelle ».

Deuxième direction d'action : il faut que les coupables reçoivent une « juste peine », qu'ils n'aient plus jamais « accès aux jeunes », et il rappelle que « la libre volonté ne fonctionne pas là où il y a cette maladie » de la pédophilie. Il faut trouver la façon d'empêcher désormais tout contact avec les jeunes.

Troisème direction : la « prévention », depuis le « choix des candidats au sacerdoce » de façon à « exclure » ceux qui auraient de telles tendances.

Le pape a aussi salué l'action « des évêques britanniques » pour le « grand travail » déjà accompli et leur « attention pour les victimes », il les en a remerciés.

Le directeur de L'Osservatore Romano, Giovanni Maria Vian, qui accompagne le pape dans son voyage a fait observer que dans cette confidence, le pape « a ouvert son coeur, » en se disant « choqué » et en exprimant sa « difficulté à comprendre cette perversion du sacerdoce » et sa « tristesse devant une autorité ecclésiastique pas assez vigilante » et pas assez « rapide » face à ce scandale.

Anita S. Bourdin