Abus sexuels : la justice doit suivre son cours

Rapport du Saint-Siège à la Convention pour les droits de lenfant

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 432 clics

« L’accusation selon laquelle le Saint-Siège aurait fait obstacle à la justice » dans les cas d’abus sur mineurs est « infondée » : il défend en effet « le droit et le devoir de tout pays de poursuivre tout crime commis contre des mineurs » afin que « la justice suive son cours », affirme Mgr Tomasi.

Mgr Silvano M. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, a présenté le rapport du Saint-Siège au Comité sur la Convention pour les droits de l’enfant, réuni pour sa 65e session ce 16 janvier 2013.

Comme tous les pays qui ont signé la Convention, le Saint-Siège, qui l’a ratifiée en 1990, a l’obligation de présenter un rapport sur la manière dont il applique les exigences de cette Convention. Le texte du rapport est disponible en anglais sur le site du Saint-Siège.

Les abus sont injustifiables

Pour le Saint-Siège, « il ne peut jamais y avoir de justification pour aucune forme de violence ou d’exploitation des enfants » : « Tout crime est un mal mais lorsque des enfants sont impliqués, c’est encore plus grave ».

L’archevêque a donné une présentation détaillée de l’engagement de l’Église pour s’opposer aux abus, tant au niveau du Saint-Siège, avec les Lignes directrices pour les Églises locales, qu’au niveau de base, dans les différentes organisations ecclésiales, en particulier dans les structures éducatives.

Mgr Tomasi a ensuite rappelé que différents instruments ont été approuvés ces dernières années pour s’opposer à ce « triste phénomène ». Cet engagement, encouragé par Benoît XVI, a été assumé par le pape François, avec la création d’une Commission pour la protection des mineurs, a-t-il rappelé.

Il a énuméré les piliers de l’engagement du Saint-Siège pour l’enfance : la défense de la dignité de l’enfant dans toutes ses dimensions et dès sa conception ; le respect et la promotion des droits de la famille ; le droit à l’éducation des enfants par leurs parents et à la liberté religieuse.

Le Saint-Siège accueille toute « suggestion de la part du Comité pour la promotion, le respect des droits des mineurs », et pour une « mise en œuvre de ce qui est établi par la Convention », a-t-il conclu.

Une volonté de transparence

Evoquant ce rapport au micro de Radio Vatican,Mgr Tomasi a récusé l’accusation « infondée » selon laquelle « le Saint-Siège aurait fait obstacle à la justice » : « Le Saint-Siège défend le droit et le devoir de tout pays de poursuivre tout crime commis contre des mineurs. Il y a une volonté de transparence, pour que la justice suive son cours ».

Il a souligné une volonté d’exemplarité dans l’Eglise : « Le Saint-Siège promouvra non seulement la mise en application de la Convention mais aussi une attention plus précise et plus efficace à la protection des enfants. »

En ce sens, « le pape François a déjà annoncé la création d’une Commission pour la protection des mineurs » afin de « renforcer le service généreux que les Églises locales rendent aux enfants ».

Il s'agira aussi de « soutenir tous les éléments qui aident vraiment la formation, la protection et le bon développement des mineurs et des enfants dans le monde ».

Avec Hélène Ginabat pour la traduction