Abus sur mineurs : les mesures efficaces du Saint-Siège

Par le sociologue Massimo Introvigne

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 785 clics

Pour combattre « le drame honteux » des abus sur les mineurs, le Saint-Siège « a pris des mesures drastiques qui se sont révélées efficaces » et qui « peuvent être un modèle pour d’autres institutions », déclare le sociologue italien Massimo Introvigne.

Selon le coordinateur de l’Observatoire de la Liberté religieuse et directeur du Centre d'étude sur les nouvelles religions (CESNUR), le rapport publié hier par le Comité de l’ONU sur les droits de l’enfance (cf. Zenit du 5 février 2014) constitue « une violation intolérable de la liberté religieuse ».

Les mesures efficaces du Saint-Siège

Massimo Introvigne, auteur de l’ouvrage « Pédophilie. Une bataille que l’Eglise est en train de gagner » (“Pedofilia. Una battaglia che la Chiesa sta vincendo”), précise que « la pédophilie dans le clergé catholique, comme le disent Benoît XVI et le pape François, est un drame réel, non inventé, qui n’est pas dissimulé et dont on enquête sur les causes ».

« Cependant, fait-il observer, le rapport reprend des statistiques exagérées et des accusations infondées. Il loue certaines mesures introduites par le Saint-Siège en 2013, mais oublie toutes les précédentes, dans une tentative maladroite d’opposer le Vatican du pape François à celui de Benoît XVI ».

Et surtout, « il oublie de dire que ces mesures ont fonctionné, et qu’elles peuvent être un modèle pour d’autres institutions qui ont les mêmes problèmes de pédophilie et qui sont moins vigoureuses que le Saint-Siège pour les combattre » : « L’Eglise a plusieurs fois reconnu les responsabilités d’un certain nombre de prêtres et d’évêques dans le drame honteux de la pédophilie, et a pris des mesures drastiques qui se sont révélées efficaces ».

Une violation de la liberté religieuse

Massimo Introvigne estime que ces accusations sont utilisées pour « dicter à l’Eglise la façon d'interpréter l’Ecriture Sainte ».

Le rapport demande en effet « de renier les documents du Magistère sur l’homosexualité, de renoncer à parler de ‘complémentarité’ du rôle masculin et féminin, de modifier de façon ‘urgente' la doctrine catholique sur l’avortement », en précisant « les circonstances où l’avortement est permis », et de « garantir aux adolescents l’accès à la contraception ».

En résumé, « ce document est la preuve que la tragédie des prêtres pédophiles est utilisée comme prétexte et comme massue pour attaquer l’Eglise catholique et la sommer de changer sa doctrine en matière d’homosexualité, avortement et contraception, en confiant même à des commissions d’experts l’interprétation des Saintes Ecritures. Et cela est une violation intolérable de la liberté religieuse ».