Académies pontificales : Unir éthique chrétienne et réflexions sur l’homme

« Le concept de personne humaine »

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ROME, Lundi 21 Novembre 2005 (ZENIT.org) – Unir éthique chrétienne et réflexions sur l’homme : c’est la recommandation faite par le pape Benoît XVI aux membres des académies pontificales des sciences et des Sciences sociales auxquelles il a rendu visite ce matin.



L’Académie pontificale des sciences sociales tient ces jours-ci au Vatican sa XIe assemblée plénière consacrée à la notion de personne.

Dans son discours aux membres des académies pontificales, dans la « Casina Pio IV », « Petite maison Pie IV, le pape évoquait le thème de la rencontre – « le concept de personne humaine » -, et faisait observer le caractère « fondamental » de ce concept pour définir le caractère central de tout individu dans l’ordre social, en toute culture.

La doctrine sociale de l’Eglise, avec la vision révélée par le Christ, peut offrir une grande contribution aux études dans ce secteur, et à la richesse du magistère développé par Jean-Paul II.
Human beings are part of nature and, yet, as free subjects who have moral and spiritual values, they transcend nature.

L’homme, par nature, a fait observer le pape, se trouve « au centre de l’ordre social ». « L’homme fait partie de la nature et pourtant, en tant que sujet libre possédant des valeurs morales et spirituelles, il transcende la nature », a-t-il expliqué.

Cette réalité, a précisé Benoît XVI, « fait partie intégrante de la pensée chrétienne », et est aussi une réponse directe aux « tentatives d’abolir la frontière entre les sciences humaines et les sciences naturelles, souvent proposées dans la société contemporaine ».

Le pape prenait ainsi position sur un sujet qui touche de près l’opposition entre la pensée scientifique et la Doctrine sociale de l’Eglise qui voit dans l’homme la suprême créature de Dieu.

Selon le dessin du Créateur, soulignait encore le pape, les personnes « ne peuvent pas être séparées des dimensions physique, psychologique ou spirituelle » propres à la nature humaine.

« Même si les cultures changent avec le temps, supprimer ou ignorer la nature » peut avoir des « conséquences sérieuses », avertissait Benoît XVI.

Le pape faisait observer que pour les institutions sociales ou juridiques, la notion de personne est « fondamentale » pour régler l’espace de l’action sociale.

« Parfois pourtant, remarquait Benoît XVI, même lorsque cela est reconnu par des déclarations internationales et des statuts légaux, certaines cultures, surtout si elles ne sont pas touchées en profondeur par l’Evangile, restent fortement influencées » par des idéologies ou par des visions de la société conditionnées par l’individualisme ou par la sécularisation.

La pensée sociale de l’Eglise s’oppose à cela, expliquait le pape, parce qu’elle place au contraire la personne humaine « au centre et à la source de l’ordre social ».

Dans ce domaine, le pape a reconnu la « contribution indiscutable » de la pensée chrétienne et anthropologique de Jean-Paul II, qui a fondé justement l’Académie des Sciences sociales en 1994, et dont le magistère a offert « une profonde méditation sur la personne ».

Ses encycliques et ses écrits représentent, a affirmé Benoît XVI, « un patrimoine à recevoir, accueillir et assimiler avec soin ».

Enfin, Benoît XVI a découvert, en la « Casina Pio IV », un buste représentant Jean-Paul II, en souhaitant que l’activité des deux académies continue à « produire un échange fructueux entre l’enseignement de l’Eglise sur la personne humaine et les sciences sociales ».