Accompagner la modernité avec prudence

Premier discours de Benoît XVI au Bénin

| 1499 clics

ROME, vendredi 18 novembre 2011 (ZENIT.org) – « La modernité ne doit pas faire peur, mais elle ne peut se construire sur l’oubli du passé. Elle doit être accompagnée avec prudence », a déclaré Benoît XVI à son arrivée à l’aéroport de Cotonou, ce 18 novembre,  vers 15h.

Après presque 6 h de vol, de Rome à Cotonou, l’A 330 de l’Alitalia s’est posé sur le tarmac de l'aéroport qui porte désormais le nom du « Cardinal Bernardin Gantin ». Benoît XVI a été accueilli par le président de la République, Thomas Yayi Boni et par son épouse, par le nonce, Mgr Michael A. Blume, par l’archevêque de Cotonou et président de la conférence épiscopale béninoise, Mgr Antoine Ganyé, en présence des plus hautes autorités de l’Etat, du corps diplomatique ainsi que des évêques du Bénin et d’Afrique.

Benoît XVI a diagnostiqué des tentations de la modernité en encourageant à choisir ce qui sert le bien commun : « La modernité ne doit pas faire peur, mais elle ne peut se construire sur l’oubli du passé. Elle doit être accompagnée avec prudence pour le bien de tous en évitant les écueils qui existent sur le continent africain et ailleurs, par exemple la soumission inconditionnelle aux lois du marché ou de la finance, le nationalisme ou le tribalisme exacerbé et stérile qui peuvent devenir meurtriers, la politisation extrême des tensions interreligieuses au détriment du bien commun, ou enfin l’effritement des valeurs humaines, culturelles, éthiques et religieuses. »

Plus encore, pour exercer cet « accompagnement » de la modernité, le pape recommande de se munir de « critères sûrs » : « Le passage à la modernité doit être guidé par des critères sûrs qui se basent sur des vertus reconnues, celles qu’énumère votre devise nationale (Fraternité, Justice, Travail, ndlr), mais également celles qui s’ancrent dans la dignité de la personne, la grandeur de la famille et le respect de la vie. Toutes ces valeurs sont en vue du bien commun qui seul doit primer, et qui seul doit constituer la préoccupation majeure de tout responsable. »

Le pape a invité à s’appuyer sur la confiance que Dieu fait à l’homme: « Dieu fait confiance à l’homme et il désire son bien. C’est à nous de Lui répondre avec honnêteté et justice à la hauteur de sa confiance ».

Benoît XVI a évoqué les quatre raisons de son voyage : le 40ème anniversaire de l’établissement de ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège, le 150ème anniversaire de son évangélisation, son exhortation apostolique et son amitié pour le regretté cardinal Gantin.

A propos de son « désir de remettre sur le sol africain l’Exhortation apostolique post-synodale Africae munus », Benoît XVI précise : « Ses réflexions guideront l’action pastorale de nombreuses communautés chrétiennes durant les prochaines années. Ce document pourra y germer, y grandir et y porter du fruit .»

« Tous les Béninois sont heureux de vous accueillir dans le cadre du jubilé des 150 ans de l’évangélisation du pays », a déclaré pour sa part le président Thomas Yayi Boni qui a aussi évoqué la coexistence paisible de différentes traditions religieuses: « Votre présence parmi nous raffermit la foi des habitants du Bénin. (…) Le Bénin a la forme d'une main qui s'ouvre au coeur de l'Afrique occidentale (...) où cohabitent en parfaite intelligence différentes croyances et confessions religieuses ».

ASB