« Affaire Viganò », mise au point du Gouvernorat de la Cité du Vatican

« Confiance » et « estime » pour les victimes des accusations

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ROME, dimanche  5 février 2012 (ZENIT.org) –Le Gouvernorat de la Cité du Vatican publie le communiqué ci-dessous à propos de ce que la presse appelle maintenant « l’affaire Viganò ».

Le Gouvernorat dément point par point les affirmations contenues dans des lettres présentée à la télévision italienne et il réaffirme sa « confiance » et son « estime » pour les victimes des accusations qu'elles contiennent, et qui se sont révélées sans fondement. Le Gouvernorat exprime son « amertume » et déplore un certain journalisme « irresponsable ».

Mgr Carlo Marie Viganò. ancien « numéro deux » des services administratifs du Vatican, ce se serait plaint, dans une correspondance à ses supérieurs, dont le pape, de la soi-disant "corruption" et de "malversations" dans la gestion du patrimoine du Saint-Siège. Le pape lui a ensuite confié un poste de grande responsabilité, celle de nonce apostolique à Washington, fin 2011.

La salle de presse du Saint-Siège a été la première à réagir par un communiqué du 2012 (http://www.zenit.org/article-29993?l=french).

Déclaration de la Présidence du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican

1. La publication abusive des deux lettres de Mgr Carlo Maria Viganò, la première adressée au Pape le 27 mars 2011, la deuxième au Cardinal Secrétaire d’Etat le 8 mai, est source de vive amertume pour le Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican (1).

Les affirmations que ces lettres contiennent ne peuvent pas ne pas donner l’impression que le Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican, au lieu d’être un organe de gouvernement responsable, est une entité dont on ne peut se fier, à la merci de forces obscures. Après un examen attentif du contenu des deux missives, la Présidence du Gouvernorat estime qu’il est de son devoir de déclarer publiquement que ces affirmations sont le fruit d’évaluations erronées, ou qu’elles se basent sur des craintes qu’aucune preuve n’a pu étayer et que, au contraire, les principales personnalités appelées à témoigner, ont ouvertement démenties.

Sans entrer dans le vif de chaque affirmation, la Présidence du Gouvernorat veut attirer l’attention sur un certain nombre d’éléments certifiés.

2. Le bilan et le budget du Gouvernorat sont d’abord approuvés par la Commission pontificale pour l’Etat de la Cité du Vatican, puis soumis à la Préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège, qui les examine dans ses propres locaux et les soumet à son tour à un collège d’auditeurs internationaux. La Préfecture a d’ailleurs la possibilité d’examiner à tout moment, sans préavis, la documentation de tous les Services du Gouvernorat dans le cheminement de sa production.

3. Comme on le sait, les investissements financiers du Gouvernorat, confiés à des gestionnaires externes, ont essuyé des pertes importantes lors de la grande crise internationale de 2008. Selon les critères comptables établis par la Préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège conformément aux critères adoptés en Italie, ces pertes ont été distribuées sur l’exercice 2009 qui a donc enregistré un déficit de 7 815 000 euros. Il faut par ailleurs relever que, indépendamment des pertes financières, la gestion du Gouvernorat est restée positive. On est ainsi passé d’un déficit de 7 815 00 euros en 2009 à un excédent de 21 043 000 euros en 2010 et cela grâce à deux facteurs principaux : à la gestion des investissements financiers du Gouvernorat, confiée par le Cardinal Président à l’APSA (Administration du Patrimoine du Siège apostolique) et surtout aux excellents résultats des Musées du Vatican.

4. Les travaux d’une certaine entité – comme par exemple la restauration actuellement en cours de la Colonnade de la Place Saint-Pierre ou la construction de la fontaine de Saint-Joseph – sont donnés en adjudication à la suite d’un concours et du contrôle effectué par une commission spéciale créée au cas par cas par le Cardinal Président. Pour les travaux moins importants, la Direction des Services techniques se sert de son propre personnel ou d’entreprises qualifiées, bien connues, sur la base des tarifs en vigueur en Italie.

5. La Présidence du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican exprime sa confiance totale et son estime aux membres du Comité de Finance et de Gestion et les remercie de la précieuse contribution qu’ils apportent, avec un professionnalisme reconnu, en consacrant une part de leur temps, sans aucune charge pour le Gouvernorat, et espère pouvoir continuer à l’avenir à faire appel à leur compétence.

La Présidence confirme par ailleurs sa totale confiance dans les Directions et divers collaborateurs, puisque, après un examen approfondi, les soupçons et les accusations se sont révélés infondés, tout comme la nouvelle, tellement infondée qu’elle en devient ridicule, propagée par un certain journalisme très peu sérieux, selon laquelle on aurait procédé à des écoutes téléphoniques et ambiantes dans le cadre d’une procédure administrative et disciplinaire !

6. La Présidence est bien consciente du fait que la gestion du Gouvernorat, quoique déjà bien organisée et profitable, peut être ultérieurement perfectionnée conformément aux recommandations de la Société de Gestion McKinsey, consultée en 2009 par le cardinal Président suite à une proposition faite par le Comité de Finance et de Gestion. La réalisation des suggestions de la Société McKinsey a déjà commencé il y a un certain temps ; elle se poursuivra dans le même esprit, tandis que la transparence et la rigueur, adoptée par la Présidence précédente, seront poursuivies, avec le même engagement et la même sérénité, par l’équipe actuelle.

7. Le Gouvernorat tout entier – Présidence, Directeurs, Chefs de Service, employés et ouvriers – désire réaffirmer sa ferme volonté de continuer à déployer ses efforts pour servir le Pape, avec fidélité et intégrité, conscient du grand honneur et des responsabilités que ce service implique.

Giovanni cardinal Lajolo, Président émérite

Mgr Giuseppe Bertello, Président

Mgr Giuseppe Sciacca, secrétaire général

Mgr Giorgio Corbellini, ancien sous-secrétaire général

Traduction de Radio Vatican