Afrique : Inquiétude des séminaires qui n’arrivent plus à cultiver leurs terres

Témoignage d’un prêtre sur la gravité des changements climatiques

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ROME, Jeudi 17 décembre 2009 (ZENIT.org) - « A cause des changements climatiques, nos séminaristes ne réussissent plus à cultiver ce qui est nécessaire à leur subsistance », s'inquiète un père des « Apôtres de Jésus », la première congrégation missionnaires africaine, fondée en Ouganda en 1968. 

Dans des propos recueillis par l'agences Fides, le Père Terence Lino Idraku, qui a travaillé dans les séminaires de la congrégation, souligne que si « jusqu'au début des années 90, les séminaristes réussissaient à satisfaire une grande partie des exigences alimentaires de leurs communautés en cultivant les champs, ces dernières années, à cause des changements climatiques, ils ne peuvent plus rien produire et dépendent des aides extérieures pour survivre ». 

Selon le père Terence, avec le travail des champs, les séminaristes produisaient du maïs, du sorgho, des pommes de terre douces, des haricots. Mais  ces dernières années, les pluies arrivent en retard et violemment, détruisant ainsi ce qui avait été planté en retard, tandis que dans les périodes de plus en plus longues de sécheresse, à cause des températures élevées, les semences sèchent. 

La seule chose encore cultivable, selon lui, ce sont quelques légumes qui doivent être arrosés à la main.

« La gravité de la situation ne concerne pas seulement une région particulière de l'Afrique, explique le père Térence. 

Il souligne que la congrégation compte cinq petits-séminaires de près de 800 élèves (deux en Ouganda, un au Kenya, un en Tanzanie et un au Soudan), un séminaire de philosophie et un de théologie, tous les deux au Kenya, avec 250 étudiants, et deux noviciats, au Kenya et en Tanzanie, qui accueillent une cinquantaine d'étudiants chacun. 

Et « grâce à Dieu les vocations ne manquent pas, confie-t-il à l'agence Fides, « nous devons même les refuser par manque de place ».  

A ces difficultés liées aux changements climatiques, signale le père Terence, s'ajoute le fait que les séminaires se trouvent dans des zones de conflit, où la pauvreté est élevée.  

« Les parents ont déjà des difficultés à payer la pension au séminaire, on ne peut donc leur demander encore une contribution pour la nourriture ».

Pour lui, le problème des changements climatiques est « un problème sérieux, qui a de graves conséquences sur la vie des personnes, notamment des plus pauvres ».  

Sachant que les changements climatiques sont causés en bonne part par l'action de l'homme, il pense qu'il vaudrait mieux « suspendre la production de ce qui conduit aux mutations du climat que de compromettre la survie de populations entières ».