Afrique : le continent qui mobilise la solidarité

Ouverture de la rencontre des évêques et des Caritas d'Afrique

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ROME, mercredi 21 novembre 2012 (ZENIT.org) – « L’Afrique est le continent qui mobilise le plus la solidarité » de Caritas, ont estimé les participants de la rencontre des évêques présidents des Conférences épiscopales et des Caritas d’Afrique sur « Identité et Mission de Caritas à la lumière de l’Encyclique Deus Caritas Est » (cf. Zenit du 20 novembre 2012).

Près d’une centaine de personnalités, venant de l’Eglise catholique, d’agences catholiques, du gouvernement congolais et de la presse, ont assisté hier, 20 novembre 2012, à la cérémonie d’ouverture de cette rencontre, en présence du Conseil pontifical « Cor Unum », en République démocratique du Congo, à Kinshasa.

Le continent qui mobilise la solidarité

Un communiqué de Caritas Africa rapporte que le cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical « Cor Unum », s’est réjoui de se retrouver sur cette terre d’Afrique : « Le thème choisi pour cette rencontre est capital pour nous aider à comprendre aujourd’hui qui nous sommes et quel est le sens de notre travail, face aux nombreux défis, souvent gigantesques, que doit affronter la pastorale caritative de l’Eglise », a-t-il estimé.

Le cardinal de Guinée Conakry a précisé que « si l’évêque est responsable de l’action pastorale de l’Eglise dans son ensemble, il est particulièrement responsable de la pastorale de la charité ».

Pour Michel Roy, secrétaire général de Caritas Internationalis, « l’Afrique est le continent qui mobilise le plus la solidarité des membres de la confédération » : « Malgré sa richesse humaine et naturelle, l’Afrique vit encore largement dans la pauvreté, pauvreté due principalement à mes yeux à l’intérêt qu’elle représente pour le business multinational qui y voit un réservoir généreux de ressources naturelles, mais qui ne s’intéresse pas à ses habitants qu’il trouve plutôt encombrants. L’Afrique sans les Africains, ce serait tellement plus simple pour faire de bonnes affaires », a-t-il déploré.

C’est pourquoi, a-t-il ajouté, « au cœur de cette rencontre se trouvent tous les pauvres d’Afrique, les victimes de la misère, de l’oppression, des injustices, de l’exclusion. Ils sont les préférés de Dieu, ils sont l’Eglise. Ils invitent sans cesse à mobiliser le meilleur de nous-mêmes dans la prière et dans l’action pour qu’ils trouvent ou retrouvent la dignité que Dieu leur a donné et se mettent debout pour participer à son Royaume d’Amour, de justice et de paix ».

La particularité de Caritas

Pour sa part, Mgr Francisco Joao Silota, président de Caritas Africa, a rappelé l’identité et la mission de Caritas : « Nous devrions cesser de considérer Caritas comme une institution supplémentaire de l’Eglise dont nous devons porter le fardeau, et changer notre attitude envers Caritas en l’assumant, en l’incarnant, en nous l’appropriant », a-t-il exhorté.

Le nonce apostolique en République démocratique du Congo, Mgr Adolfo Tito Yllana, a expliqué également que Caritas avait besoin de cadres de réflexion sur son identité et sa mission : « Caritas ne peut se démarquer des organisations à caractère humanitaire que si elle s’en tient à son caractère ecclésial et pastoral », a-t-il fait observer.

Appel pour la paix au Congo

Mgr Nicolas Djomo, président de la Conférence épiscopale du Congo, a remercié quant à lui le pape et Caritas Internationalis, pour leurs interventions en faveur du peuple congolais, victime de conflits armés dans sa partie Est : « Ce qui se passe présentement est inacceptable. Plus de deux millions de déplacés congolais sont désemparés et jetés dans la rue par une violence aveugle et injustifiable », a-t-il dénoncé.

Il a demandé à l’assemblée une « déclaration forte contre l’une des causes fondamentales des souffrances des populations dans l’Est : l’exploitation illégale des ressources minérales où sont impliqués les sociétés multinationales, les Etats voisins sans exclure les complicités intérieures ».  

Enfin, le Premier ministre Matata Ponyo, représenté par la vice-ministre du budget, Mme Liska Abayuwe, a témoigné de la reconnaissance du gouvernement. Allant dans le même sens que Mgr Nicolas Djomo, il a lancé cette invitation : « Eclairez votre entourage, informez-le de ce qui se passe réellement à l’Est de la RDC ou ailleurs. La lumière ne peut demeurer sous le boisseau ! Mobilisez vos opinions nationales respectives et l’opinion internationale contre les affres de l’inacceptable que subit le peuple martyr du Nord et du Sud Kivu ».