Afrique : Lettre du Synode pour la paix dans la région des Grands Lacs

| 1426 clics

ROME, Mercredi 21 Octobre 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous l'intégralité de la lettre adressée par les présidents délégués de l'assemblée synodale (les cardinaux Francis Arinze (Nigeria), préfet émérite de la congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Théodore-Adrien Sarr (Sénégal), archevêque de Dakar, et Wilfrid Fox Napier, O.F.M. (Afrique du sud), archevêque de Durban) et par le secrétaire général du synode, Mgr Nikola Eterovic, aux présidents des conférences épiscopales du Soudan, d'Ouganda, du Tchad, de la République démocratique Congo et de République Centrafricaine.

* * *

Aux Présidents des Conférences épiscopales du Soudan, de l'Ouganda, du Tchad, de la République Démocratique du Congo et de la République Centrafricaine.

Nous, les Pères synodaux, réunis dans la Deuxième Assemblée Spéciale pour l'Afrique du Synode des Évêques, nous avons appris avec une profonde douleur la continuation, au sein des diocèses situés dans la région des Grands Lacs, d'actions belligérantes qui produisent des destructions, des violences et des morts parmi la population innocente. Afin de sauver leur vie, des centaines de milliers de personnes ont été obligées à abandonner leurs maisons et à se réfugier dans les Pays limitrophes dans des conditions d'extrême précarité. Le phénomène des enfants-soldats ne manque également pas de nous préoccuper, tout comme celui des orphelins, des mutilés de guerre et des personnes avec de graves problèmes de santé physique et psychique.

Face à une telle situation dramatique, en tant que Pères synodaux réunis sous la présidence du Saint-Père Benoît XVI, nous exprimons notre plus vive communion fraternelle aux Évêques des diocèses concernés dans de telles souffrances inhumaines à l'égard de la population innocente. De plus, nous nous adressons à toutes les parties en cause afin d'implorer que le langage des armes soit au plus vite remplacé par celui du dialogue et des transactions. Avec le dialogue, dans le respect réciproque et dans la paix, tous les problèmes peuvent se résoudre. La guerre, au contraire, rend tout plus difficile et tente en particulier de transformer les frères en ennemis à abattre.

Fortifiés par le Saint-Esprit, l'Esprit du Seigneur Jésus ressuscité, nous les Pères synodaux nous soulignons à nouveau la valeur sacrée de toute vie humaine. Le commandement "Tu ne tueras pas" (Ex 20,13), ne fait pas seulement partie du Décalogue, révélation de Dieu recueillie dans la Bible, mais aussi de la loi inscrite dans le cœur de chaque homme qui vient en ce monde. Il n'est pas permis de tuer des innocents pour des motifs sociaux, politiques, ethniques, raciaux ou religieux. Le sang des innocents crie vengeance face à Dieu qui, tôt ou tard, devra aussi juger ceux qui ont tâché leurs mains avec le sang des pauvres, qui sont les privilégiés de Dieu.

Alors que nous sommes en train de réfléchir sur la réconciliation, la justice et la paix, nous implorons, par l'intercession de tous les saints nés en Afrique, le don de la paix afin que l'on puisse instaurer la justice là où elle est gravement enfreinte et que les cœurs soient ouverts à la grâce de la réconciliation avec Dieu et avec notre prochain, non seulement dans la région des Grands Lacs, mais aussi sur l'ensemble du continent africain.

Nous confions notre appel souffrant et pressant à l'intercession de la Sainte Vierge Marie, Notre Dame d'Afrique et Mère de toutes les souffrances.

Présidents Délégués

Secrétaire Général