Aimer, en actes plus qu'en paroles

Homélie de la fête du Sacré-Coeur

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1471 clics

Le pape François encourage à aimer « non par les paroles mais par les oeuvres, avec sa vie », à l'exemple du Christ.

Vendredi dernier, 7 juin 2013, le pape a célébré la messe en la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, à la Maison Sainte-Marthe, en présence d’un groupe d’employés des Archives secrètes du Vatican. L'Osservatore Romano et Radio Vatican rapportent des extraits de son homélie.

Les deux piliers de l’amour

Le pape a défini la solennité du Sacré-Cœur de Jésus comme la « fête de l’amour » : Jésus « a voulu montrer son coeur, comme le cœur qui a tant aimé ». La fête du Sacré-Cœur est donc surtout la « commémoration de l'amour de Dieu ».

Citant saint Ignace, le pape a indiqué les deux « piliers du vrai amour » : d’une part « l'amour se manifeste plus dans les oeuvres que dans les paroles ». D’autre part « l'amour consiste plus à donner qu'à recevoir ». Le pape a développé ces critères en s’appuyant sur les lectures du jour.

« Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables que nous étions », affirme l’apôtre Paul dans la première lecture (Rm 5,5b-11) : Jésus, a expliqué le pape, a aimé l’homme « non par des paroles mais par les oeuvres, avec sa vie ». Et il « a donné sans rien recevoir » en retour.

Un amour pour chacun

« Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, la liturgie montre l'amour de Dieu dans la figure du pasteur. Psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger ». En quoi est-ce que cela consiste ?

Tout d’abord, Dieu « connaît toutes ses brebis », comme l’illustre Ezechiel 34, 11-16 : « La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice ».

Pour le pape, Dieu « les connaît toutes, une à une, par leur nom ». Dieu ne connaît pas les hommes « en groupe », mais « un par un ». Car « l'amour n'est pas un amour abstrait, ou général pour tous ; c'est un amour pour chacun. Et ainsi a aimé Dieu ».

Une proximité inimaginable

Ensuite, « Dieu s'est fait proche », a ajouté le pape : Dieu « se fait proche par amour et chemine avec son peuple ».

Ce cheminement parvient « à un point inimaginable », a-t-il fait observer : « on n'aurait jamais pu penser que ce même Seigneur se fasse l'un de nous et chemine avec nous, et demeure avec nous, demeure dans son Eglise, demeure dans l’eucharistie, demeure dans sa parole, demeure dans les pauvres et demeure avec nous en cheminant. C'est la proximité du pasteur ».

Cette proximité est soulignée aussi dans l'Evangile de la brebis perdue et retrouvée (Lc 15, 3-7), où le berger « aime avec tendresse ». Le Seigneur « connaît cette belle science des caresses : il n’aime pas avec des paroles ; il se rend proche et dans cette proximité il donne son amour avec toute la tendresse possible ».

Proximité et tendresse sont « deux facettes de l'amour du Seigneur, qui donne tout son amour, y compris dans les plus petites choses, avec tendresse ». Mais c’est aussi « un amour fort », a précisé le pape.

Se laisser aimer

En conclusion, il a invité à suivre cet exemple d’amour : « le Seigneur le dit : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Il s’agit de « se faire proche du prochain et tendre comme le bon samaritain ».

Pour « rendre au Seigneur » son amour, le pape a encouragé à « dire: Oui, en l’aimant, en se rapprochant de lui, en devenant tendres à son égard ».

Mais le plus important, a-t-il insisté, est de « se laisser aimer par lui. Ouvrir son cœur et se laisser aimer », ce qui est « plus difficile que d’aimer Dieu ». Cela signifie « le laisser se faire proche de nous, et le sentir proche. Le laisser se faire tendre, nous caresser ». C'est « si difficile: se laisser aimer par lui ».