Ali Agca bientôt libre, le Saint-Siège s’en remet à la justice

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ROME, Lundi 9 janvier 2006 (ZENIT.org) – « Le Saint-Siège « s\'en remet à la décision du tribunal compétent », a déclaré, hier soir, 8 janvier, Joaquin Navarro Valls, porte-parole du Saint-Siège, à l\'annonce de la libération, probablement jeudi prochain, en Turquie, de Mehmet Ali Agca, auteur de l’attentat contre Jean-Paul II, le 13 mai 1981, à 17 h 19, place Saint-Pierre : 5 balles ont été tirées.



« Face à un problème de nature judiciaire, a indiqué M. Navarro Valls, le Saint-Siège s\'en remet aux décisions des tribunaux compétents en ces domaines ».

Le porte parole du Vatican a précisé que le Saint-Siège a appris la nouvelle par des dépêches d’agences.

Il citait cette parole du pape Jean-Paul II : « un frère m’a frappé ».

De son côté, l’ancien secrétaire particulier de Jean-Paul II, Mgr Stanislas Dziwisz, actuellement archevêque de Cracovie, rappelait que le défunt pape a pardonné à Ali Agça, qu’il a rencontré en prison en 1983. Il avait révélé, en juillet dernier, l\'existence d\'une lettre de Jean Paul II adressée à Ali Agca, jamais envoyée et gardée secrète.

Condamné à perpétuité en Italie, Ali Agca avait été libéré au cours du Grand Jubilé de l’an 2000, à l’issue de la grâce signée par le président italien Oscar Luigi Scalfaro, avec l’avis favorable du Vatican, après avoir purgé une peine de 19 ans.

La justice italienne a alors remis l’ancien terroriste des « Loups gris » aux autorités turques : il devait encore purger deux peines pour l’attaque d’une banque, dans les années 1970, et pour le meurtre d\'un journaliste turc en 1979. Il aura encore fait 5 ans de prison : sa peine à perpétuité a en effet été transformée par les juges turcs à 10 ans, puis elle a été réduite à 5 ans pour « bonne conduite ».

Mais sa vie est en danger, indiquait aujourd’hui le juge italien Ferdinando Imposimato : Agca, qui a déclaré vouloir se rendre à Fatima, « en sait trop », disait-il.

Pour sa part, l’avocat Nicolo Amato y voit tristement un « précurseur » du « court circuit » actuel « entre religion et terrorisme ».