Amérique latine : un demi-siècle d'aide à l'Eglise qui souffre

L'intervention de l'AED, indispensable

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Traduction d’Océane Le Gall

ROME, mercredi 26 septembre 2012 (ZENIT.org) – Cela fait 50 ans cette année que l’association de l’« Aide à l’Eglise en Détresse » (AED) est présente en Amérique latine, et son soutien à l’Eglise locale de chaque pays, reste « indispensable », affirme Ulrich Kny, responsable international de l’organisme pour l’Argentine, le Brésil, le Chili, le Paraguay, l’Uruguay et Cuba.

Sur tout le continent, l’Eglise joue en effet,  encore aujourd’hui, un rôle de premier plan dans les sociétés et doit faire face à des tensions sociales et politiques mais également à de nouveaux défis.

En 1962, le père fondateur Werenfried van Straaten, était allé sillonner le Brésil, le Pérou, le Chili, la Bolivie, la Colombie et le Venezuela : « J’ai vu les favelas, les callampas de Santiago et les ranchos gris de Caracas qui se répandent comme une malédiction au milieu des riches palais. J’ai parlé avec des grévistes, des affamés, des  tuberculeux, des évêques, des paysans. Je me suis joint aux jeux des enfants et sur la montagne qui domine Rio j’ai vu le Christ regarder tristement sa ville», avait-t-il dit à son retour.

Sentant l’Eglise de ce continent « menacée », il avait aussitôt fait appel à la générosité des bienfaiteurs pour « empêcher que ce continent ne finisse dans la liste des « Eglises persécutées » de l’œuvre. Et c’est Jean XXIII qui demandera au fondateur de l’AED, autrefois appelée « Aide à l’Eglise du Silence », d’étendre sa mission à l’Amérique centrale et l’Amérique Latine.

Depuis, l’AED ne les a jamais abandonnées :123 millions d’euro qui ont été donnés, ces dix dernières années, aux Eglises du continent pour financer leurs projets.

L’un des premiers projets fut le soutien aux 1500 « radios-école » destinées à former les citoyens à la lecture et à l’écriture et à aider des millions de sans-abri à trouver un logement. Et puis il y a le célèbre projet AMA, s’occupant du transfert en Amazonie de 280 camions désaffectés de l’armée suisse, mis au service de l’Eglise locale.

Aujourd’hui comme hier, l’aide de la Fondation est essentielle pour couvrir toutes les exigences de l’Eglise latino-américaine. Et les nombreux projets entrepris reflètent la diversité des pays et des groupes ethniques qui en bénéficient.

« L’Eglise donne de nouveaux espoirs à beaucoup de personnes et elle a besoin de notre support », déclare Rafael D’Aqui, le responsable de l’AED sur le continent. La visite de Benoît XVI  au Mexique (mars dernier), « un pays dévasté par la violence, le crime organisé, la corruption, le trafic de drogue et le consumérisme », a mis en évidence les attentes énormes qui animent les fidèles.

« Ils sont nombreux à s’adresser à l’Eglise en quête de réponses », ajoute le responsable en insistant sur l’importance d’aider les diocèses, les congrégations et les communautés à renforcer leur œuvre pastoral ».

Passant en revue les nouveaux défis auxquels sont confrontés ces Eglises, Rafael d’Aqui cite l’exemple du Brésil où « le développement économique a favorisé la destruction environnementale et un exode massif vers les villes ».

Aujourd’hui, fait-il observer, « des dizaines de milliers de personnes vivent dans des baraques, la plupart abandonnées à elles-mêmes ». L’Eglise est très active dans la région et lance des initiatives, mais « cela ne suffit pas », assure le responsable qui conclut que « les évêques voudraient transmettre à tous la Parole de Dieu et renforcer la pastorale des jeunes et des familles, mais les prêtres, les catéchistes, les transports, voire même les églises, font cruellement défaut ».