Analyse du P. Lombardi sur l’interdiction des armes à sous-munitions

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ROME, Lundi 2 juin 2008 (ZENIT.org) - Toute démarche effectuée contre la production, le commerce et l'utilisation des armes, doit être soutenue, estime le porte-parole du Saint-Siège.

Cette affirmation du père Federico Lombardi, S.I., directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, intervient au lendemain de l'adoption, par les représentants de 111 nations, d'une convention internationale interdisant les armes à sous-munitions dans le monde. 

Dans son dernier éditorial publié sur « Octava Dies », l'hebdomadaire du Centro Televisivo Vaticano, le père Lombardi estime que « les armes ne devraient pas exister, même si nous savons bien que les armes défensives seront, dans une certaine mesure, toujours nécessaires dans ce monde ».

A la veille de la conférence de Dublin, le pape avait lancé un appel aux participants, souhaitant plein succès à leurs travaux. Aussitôt après leur décision d'interdire les armes à sous-munitions dans le monde,  l'observateur permanent du Saint-Siège au bureau des Nations-Unies à Genève, Mgr Silvano Maria Tomasi, s'était félicité des résultats affirmant qu'ils constituaient « un grand pas en avant » qui « ouvre un nouveau chapitre dans le droit humanitaire ». 

« Qui produit ces munitions et les exporte craint que cette interdiction ne crée des dommages économiques, souligne le père Lombardi. Or, ces dommages ne sont-ils pas bien plus grands pour les pays qui en subissent les méfaits, ou pour les victimes ? », s'interroge-t-il.

« Comment le déminage et la décontamination, mais surtout la souffrance et les dommages subis par les victimes, par leurs familles et communautés, peuvent-ils être comparés au manque de gain, un gain obtenu en fabriquant des instruments purement offensifs dont l'objectif direct est de nuire aux personnes, en l'occurrence des civils innocents ? », ajoute le porte-parole du Saint-Siège.

« On ne peut aimer avec des armes offensives au poing », déclare le père Lombardi en citant Paul VI. « Les armements détruisent la confiance réciproque et impliquent des dépenses énormes qui empêchent de faire des projets de paix et de solidarité ».

« Un monde qui se veut en paix ne peut se fonder que sur le droit et non sur la force, ajoute-t-il. Toute démarche effectuée contre la production, le commerce et l'utilisation des armes doit être soutenue. Qu'il s'agisse de mines antipersonnel ou d'armes à sous-munitions ».

Traduit de l'italien par Isabelle Cousturié