Angélus du 12 août 2012, allocution de Benoît XVI

Avoir faim de la Parole de Dieu

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ROME, vendredi 17 août 2012 (ZENIT.org) – « Nous devons nous demander si nous ressentons nous-mêmes réellement cette faim, la faim de la Parole de Dieu, la faim de connaître le vrai sens de la vie », déclare Benoît XVI en commentant le chapitre 6 de l’évangile de Jean.

En effet, seul celui qui est attiré par Dieu peut le trouver, explique le pape en substance, lors de l’angélus du 12 août 2012, à Castelgandolfo.

Le pape exprime également sa sollicitude pour les populations victimes des pluies torrentielles aux Philippines et en Chine, et du tremblement de terre en Iran.

Paroles de Benoît XVI avant l’angélus (en italien)

Chers frères et sœurs,

La lecture du 6èmechapitre de l’évangile de Jean, qui nous accompagne dans la liturgie de ces dimanches, nous a conduits à réfléchir sur la multiplication du pain, par laquelle le Seigneur a nourri une foule de cinq mille hommes, et sur l’invitation qu’adresse Jésus à tous ceux qu’il a rassasiés, à travailler pour une nourriture qui demeure pour la vie éternelle. Jésus veut les aider à comprendre la signification profonde du prodige qu’il a opéré : en rassasiant leur faim physique de manière miraculeuse, il les dispose à accueillir l’annonce qu’il est le pain descendu du ciel (cf Jn 6, 41), qui rassasie définitivement. Le peuple hébreu, pendant son long cheminement dans le désert, avait expérimenté un pain descendu du ciel, la manne, qui l’avait gardé en vie jusqu’à son arrivée en terre promise. Maintenant, Jésus parle de lui-même comme du vrai pain descendu du ciel, capable de garder en vie non pour un temps ou pour un peu de chemin, mais pour toujours. Il est la nourriture qui donne la vie éternelle, parce qu’il est le Fils unique de Dieu, qui est dans le sein du Père, venu pour donner à l’homme la vie en plénitude, pour introduire l’homme dans la vie même de Dieu.

Dans la pensée judaïque, il était clair que le vrai pain du ciel, qui nourrissait Israël, était la Loi, la parole de Dieu. Le peuple d’Israël reconnaissait clairement que la Torah était le don fondamental et durable de Moïse et que l’élément de base qui le distinguait par rapport aux autres peuples consistait dans la connaissance de la volonté de Dieu et donc du juste chemin de la vie. Maintenant Jésus, en se manifestant comme le pain du ciel, témoigne que c’est lui la Parole de Dieu en personne, la Parole incarnée, à travers laquelle l’homme peut faire de la volonté de Dieu sa nourriture (cf. Jn 4, 34), qui oriente et soutient l’existence.

Douter alors de la divinité de Jésus, comme le font les Juifs dans le passage évangélique de ce jour, signifie s’opposer à l’œuvre de Dieu. En effet, ils affirment : c’est le fils de Joseph ! Nous connaissons son père et sa mère ! (cf. Jn 6, 42). Ils ne vont pas au-delà de ses origines terrestres et c’est pour cela qu’ils se refusent à l’accueillir comme la Parole de Dieu faite chair. Saint Augustin, dans son Commentaire de l’évangile de Jean, explique ceci : « Ils étaient loin de s’occuper du pain céleste, et ils ne savaient pas en avoir faim. Par faiblesse, leur cœur ne pouvait ni demander ni recevoir aucune nourriture… Car, ce pain de l’homme intérieur exige de l’appétit » (26, 1). Et nous devons nous demander si nous ressentons nous-mêmes réellement cette faim, la faim de la Parole de Dieu, la faim de connaître le vrai sens de la vie. Seul celui qui est attiré par Dieu le Père, qui l’écoute et se laisse instruire par lui peut croire en Jésus, le rencontrer et se nourrir de lui, et trouver ainsi la vraie vie, le chemin de la vie, la justice, la vérité, l’amour. Saint Augustin ajoute : « Le Sauveur s’est donc présenté à nous comme le pain descendu du ciel, et nous a exhortés à croire en lui. Croire en lui, c’est manger le pain vivant. Celui qui croit, mange: il se nourrit invisiblement, parce qu’il renaît d’une manière invisible [à une vie plus profonde, plus vraie] ; c’est intérieurement un enfant, un homme nouveau : » (ibid).

Invoquons la Très Sainte Vierge Marie, et demandons-lui de nous guider vers Jésus pour que notre amitié avec lui soit toujours plus intense ; demandons-lui de nous introduire dans la pleine communion d’amour avec son Fils, le pain vivant descendu du ciel, afin que nous soyons renouvelés par lui dans l’intime de notre être.

Paroles de Benoît XVI après l’angélus

(En italien)

Chers frères et sœurs,

Ma pensée se tourne, en ce moment, vers les populations asiatiques, en particulier des Philippines et de la République populaire de Chine, durement éprouvées par des pluies torrentielles, ainsi que vers celles du nord ouest de l’Iran, touchées par un violent tremblement de terre. Ces événements ont fait de nombreuses victimes et des blessés, des milliers de personnes déplacées et ont causé des dommages considérables. Je vous invite à vous unir à ma prière pour tous ceux qui ont perdu la vie et pour toutes les personnes éprouvées par de telles calamités. Que notre solidarité et notre soutien ne fassent pas défaut à nos frères.

(En français)

Chers pèlerins francophones, je suis heureux de vous accueillir à Castelgandolfo pour la prière de l’angélus. L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle que Jésus est le pain de vie descendu du ciel. Mangé avec foi, ce pain transforme nos existences et nous pousse au partage avec nos frères et nos sœurs qui ont faim de nourriture matérielle et spirituelle et surtout d’amour et d’espérance. Que la Vierge Marie, vous aide à centrer toujours vos vies sur son Fils Jésus, présence parmi nous de l’amour de Dieu, notre Père! Bon dimanche à tous!

© Libreria Editrice Vaticana

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat