Angélus du dimanche 10 janvier

Fête du Baptême de Jésus

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ROME, Dimanche 10 janvier 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de la méditation prononcée ce dimanche par le pape Benoît XVI, avant la prière de l'Angélus, depuis la fenêtre de son bureau, après la cérémonie au cours de laquelle le pape a administré le sacrement du baptême à 14 nouveau-nés, en la chapelle Sixtine.

AVANT L'ANGELUS

Chers frères et soeurs !

Ce matin, au cours de la messe célébrée en la Chapelle Sixtine, j'ai administré le sacrement du Baptême à quelques nouveau-nés. Cette coutume est liée à la fête du Baptême du Seigneur par laquelle se termine le temps liturgique de Noël. Le Baptême suggère très bien le sens global des fêtes de Noël, dans lesquelles le thème devenir enfants de Dieu grâce à la venue du Fils unique dans notre humanité, constitue un élément dominant. Il s'est fait homme afin que nous puissions devenir enfants de Dieu. Dieu est afin que nous puissions renaître. Ces concepts reviennent sans cesse dans les textes liturgiques de Noël et constituent un motif de réflexion et d'espérance enthousiasmant. Pensons à ce que saint Paul écrit aux Galates : « Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l'adoption filiale » (Ga 4, 4-5) ; ou encore saint Jean dans le Prologue de son Evangile : « A tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12). Ce merveilleux mystère de notre « deuxième naissance » - la renaissance d'un être humain d'en « haut », de Dieu (cf. Jn 3, 1-8) - s'accomplit et se résume dans le signe sacramentel du Baptême.

Avec ce sacrement, l'homme devient réellement fils, fils de Dieu. A partir de ce moment, le but de son existence consiste à atteindre de façon libre et consciente, ce qui constitue le destin de l'homme depuis le commencement. « Deviens ce que tu es » représente le principe éducatif de base de la personne humaine sauvée par la grâce. Ce principe a de nombreuses analogies avec la croissance humaine, dans laquelle le rapport parents-enfants passe à travers des détachements et des crises, de la dépendance totale à la conscience d'être fils, à la reconnaissance pour le don de la vie reçue et à la maturité et la capacité de donner la vie. Engendré par le Baptême pour une vie nouvelle, le chrétien aussi entame son chemin de croissance dans la foi qui le conduira à invoquer consciemment Dieu comme « Abba - Père », à s'adresser à Lui avec reconnaissance et vivre la joie d'être son fils.

Du Baptême dérive aussi un modèle de société : la société des frères. On ne peut pas établir la fraternité avec une idéologie, encore moins avec un décret d'un quelconque pouvoir constitué. On se reconnaît frères à partir de la conscience humble mais profonde d'être enfants de l'unique Père céleste. En tant que chrétiens, grâce à l'Esprit Saint reçu dans le Baptême, nous reviennent le don et l'engagement de vivre en enfants de Dieu et en frères, pour être comme le « levain » d'une humanité nouvelle, solidaire et riche de paix et d'espérance. Dans ce domaine, la conscience d'avoir, non seulement un Père au Ciel, mais aussi une mère, l'Eglise, dont la Vierge Marie est l'éternel modèle, nous aide. Nous lui confions les enfants qui viennent d'être baptisés et leurs familles, et nous demandons pour tous la joie de renaître chaque jour « d'en haut », de l'amour de Dieu, qui fait de nous ses enfants et des frères les uns des autres.

APRES L'ANGELUS

Deux faits ont particulièrement attiré mon attention ces jours derniers : le cas de la condition des migrants qui cherchent une vie meilleure dans des pays qui, pour différentes raisons, ont besoin de leur présence, et les situations conflictuelles, dans diverses parties du monde, où les chrétiens sont objet d'attaques, même violentes.

Il faut repartir du coeur du problème ! Il faut repartir de la signification de la personne ! Un immigré est un être humain, différent de par sa provenance, sa culture, ses traditions, mais une personne à respecter et avec des droits et des devoirs, en particulier dans le domaine du travail où la tentation de l'exploitation est plus facile, mais aussi dans le domaine des conditions de vie concrètes. La violence ne doit jamais être pour personne le chemin pour résoudre les difficultés. Le problème est avant tout humain ! Je vous invite à regarder le visage de l'autre et à découvrir qu'il a une âme, une histoire et une vie : c'est une personne et Dieu l'aime comme il m'aime.

Je voudrais faire des réflexions semblables pour ce qui concerne l'homme dans sa diversité religieuse. La violence contre les chrétiens dans certains pays a suscité l'indignation de beaucoup, aussi parce qu'elle s'est manifestée lors des jours les plus sacrés de la tradition chrétienne. Les institutions, aussi bien politiques que religieuses - je le répète - ne doivent pas manquer à leurs responsabilités. Il ne peut y avoir de violence au nom de Dieu, et on ne peut pas penser l'honorer en offensant la dignité et la liberté de ses semblables.

Puis le pape a salué les pèlerins en différentes langues. Voici ce qu'il a dit en français :

Chers frères et sœurs de langue française, soyez les bienvenus pour la prière de l'Angélus. Ce matin, rendons grâce à Dieu pour notre Baptême. Écoutons nous aussi le Père nous redire « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis tout mon amour». L'Esprit de Dieu fait route avec nous, et il remplit notre vie de lumière et de sainteté. En prenant conscience de la splendeur de notre Baptême, soyons les serviteurs et les témoins de cette Bonne Nouvelle pour notre monde ! Que la Vierge Marie, nous aide à demeurer toujours fidèles à notre Baptême ! Bon dimanche et bonne semaine à tous !

© Libreria Editrice Vaticana

Traduction Zenit