Angélus du dimanche 27 mars : Jésus et la Samaritaine

Texte intégral

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ROME, Dimanche 27 mars 2011 (ZENIT.org) - A son retour des Fosses Ardéatines, à Rome, où Benoît XVI s'est recueilli sur la tombe des 335 victimes du massacre perpétré par des SS en mars 1944, le pape a récité, ce dimanche, la prière de l'angélus depuis la fenêtre de son bureau, place Saint-Pierre. Nous publions ci-dessous le texte intégral de son allocution. 

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AVANT L'ANGELUS

Chers frères et sœurs !  

Ce 3e dimanche de Carême est caractérisé par le célèbre dialogue de Jésus avec la Samaritaine, raconté par l'évangéliste Jean. Cette femme se rendait chaque jour à un ancien puits remontant au patriarche Jacob pour y puiser de l'eau, et ce jour-là, elle y trouva Jésus, assis, « fatigué par la marche » (Jn 4,6). Saint Augustin commente : « Ce n'est pas pour rien que Jésus se fatigue... La force du Christ t'a créé, la faiblesse du Christ t'a recréé... Par sa force il nous a créé, par sa faiblesse il est venu nous chercher... » (In Ioh. Ev., 15, 2). La fatigue de Jésus, signe de son humanité véritable, peut être vue comme un prélude de la passion, par laquelle il a porté à son accomplissement l'œuvre de notre rédemption. En particulier, dans la rencontre avec la Samaritaine au puits, émerge le thème de la ‘soif' du Christ, qui culmine dans le cri sur la croix : « J'ai soif » (Jn 19, 28). Cette soif, comme la fatigue, a certainement une base physique. Mais Jésus, comme le dit encore Augustin, « avait soif de la foi de cette femme » (In Ioh. Ev. 15, 11), comme de la foi de nous tous. Dieu le Père l'a envoyé pour assouvir notre soif de vie éternelle, en nous donnant son amour, mais pour nous faire ce don, Jésus demande notre foi. La toute puissance de l'Amour respecte toujours la liberté de l'homme ; elle frappe à son cœur et attend sa réponse avec patience.

Dans la rencontre avec la Samaritaine, on distingue le symbole de l'eau au premier plan, qui fait clairement allusion au sacrement du baptême, source d'une vie nouvelle pour la foi dans la Grâce de Dieu. Cet Evangile, en effet, - comme je l'ai rappelé dans la catéchèse du mercredi des Cendres -, fait partie de l'ancien parcours de préparation des catéchumènes à l'initiation chrétienne qui se déroulait pendant la grande veillée de la nuit de Pâques. « Qui boira de l'eau que je lui donnerai - dit Jésus - n'aura plus jamais soif. L'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4,14). Cette eau représente l'Esprit Saint, le « don » par excellence que Jésus est venu apporter de la part de Dieu le Père. Qui renaît de l'eau et de l'Esprit Saint, c'est-à-dire dans le Baptême, entre dans une relation réelle avec Dieu, une relation filiale, et peut l'adorer « en esprit et en vérité » (Jn 4,23.24), comme le révèle encore Jésus à la Samaritaine. Grâce à la rencontre avec Jésus-Christ et au don de l'Esprit Saint, la foi de l'homme atteint son accomplissement, comme réponse à la plénitude de la révélation de Dieu.

Chacun de nous peut s'identifier à la femme Samaritaine : Jésus nous attend, spécialement en ce temps de Carême, pour parler à notre, à mon cœur. Arrêtons nous un moment en silence, dans notre chambre, ou dans une église, ou dans un lieu isolé. Ecoutons sa voix qui nous dit : « Si tu savais le don de Dieu... ». Que la Vierge Marie nous aide à ne pas manquer ce rendez-vous dont dépend notre bonheur véritable. 

APRES L'ANGELUS 

Après la prière de l'Angélus, le pape a adressé cet appel en italien : 

Face aux nouvelles, toujours plus dramatiques, qui proviennent de la Libye, je suis de plus en plus inquiet pour la sécurité de la population civile et mon appréhension grandit pour le développement de la situation, marquée aujourd'hui par l'utilisation des armes. En ces moments de grande tension, il est urgent de recourir à tous les moyens dont dispose l'action diplomatique et de soutenir aussi le plus petit signal d'ouverture et de volonté de réconciliation entre tous les pays impliqués dans la recherche de solutions pacifiques et durables.

Dans cette perspective, alors que j'élève au Seigneur ma prière pour un retour à la paix en Libye et dans toute la région nord africaine, j'adresse un appel aux organismes internationaux et à tous ceux qui ont des responsabilités politiques et militaires, pour la mise en route d'un dialogue qui suspende l'utilisation des armes. 

Ma pensée va enfin aux autorités et aux citoyens du Moyen-Orient où des épisodes de violence ont eu lieu ces derniers jours, pour que là aussi la voie du dialogue et de la réconciliation soit privilégiée dans la recherche d'une coexistence juste et fraternelle. 

Puis le pape s'est adressé aux pèlerins francophones : 

En ce dimanche, chers pèlerins francophones, Jésus se présente à nous comme un mendiant : « Donne-moi à boire ! ». Prenons le temps d'écouter son appel. Saurons-nous, comme la Samaritaine, Le reconnaître comme l'unique source de vie qui répond à la quête profonde de l'homme ? Oui, seule l'eau qu'Il donne peut étancher notre soif de bien, de vérité, de beauté ! Laissons de côté l'idolâtrie du bien-être matériel et de l'éphémère qui laisse le cœur inquiet et vide. Soyons attentifs et accueillants aux besoins des autres pour partager avec eux. Chers amis, en donnant plus de temps à la prière, puissions-nous être des adorateurs en esprit et en vérité et des témoins joyeux du Dieu vivant ! Avec ma bénédiction pour vous et pour vos familles ! 

© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana

Traduction : Zenit