Angélus : Si l’on fait du bonheur une idole, on fait fausse route

Paroles de Benoît XVI avant l’angélus

| 1429 clics

ROME, Dimanche 16 décembre 2007 (ZENIT.org) - Si l'on fait du bonheur une idole, on fait fausse route, a fait observer Benoît XVI avant l'angélus de ce IIIe dimanche de l'Avent, depuis la fenêtre de son bureau place Saint-Pierre, à son retour de sa visite à la paroisse romaine de « Santa Maria del Rosario ai Martiri Portuensi ».

Des milliers de visiteurs avaient répondu « présents » au rendez-vous dominical, « malgré le froid », disait le pape, mais sous un soleil splendide.

Benoît XVI a souligné que la liturgie de ce IIIe dimanche de l'Avent commence par « Gaudete », l'invitation à la joie de saint Paul (Philippiens 4,4), c'est pourquoi il s'appelle « dimanche du Gaudete » et le prêtre porte des ornements de couleur rose.

Benoît XVI indiquait le chemin qui conduit à la joie en disant : « La joie entre dans le cœur de qui se met au service des petits et des pauvres. En qui aime ainsi, Dieu fait sa demeure, et l'âme est dans la joie. Si au contraire, on fait du bonheur une idole, on se trompe de chemin, et il est vraiment difficile de trouver la joie dont parle Jésus ».

Le pape déplorait en revanche les cultures « qui mettent le bonheur individuel à la place de Dieu, une mentalité qui a son effet emblématique dans la recherche du plaisir à tout prix, dans la diffusion de l'usage de drogues en guise de fuite, de refuge dans des paradis artificiels, qui se révèlent ensuite comme totalement illusoires ».

Le pape invitait à la « vraie fête » en disant : « A Noël aussi on peut se tromper de chemin, échanger la vraie fête avec celle qui n'ouvre pas le cœur à la joie du Christ. Que la Vierge Marie aide tous les chrétiens, et les hommes à la recherche de Dieu, à arriver enfin à Bethléem, pour rencontrer l'Enfant qui est né pour nous, pour le salut et le bonheur de tous les hommes ».

Benoît XVI a évoqué les différentes « venues » du Christ : « L'apôtre, a-t-il expliqué en commentant saint Paul, exhorte les chrétiens à se réjouir parce que la venue du Seigneur, c'est-à-dire son retour glorieux, est certain et ne tardera pas. L'Eglise fait sienne cette invitation, alors qu'elle se prépare à célébrer Noël, et son regard se dirige toujours plus vers Bethléem. En effet, nous attendons la seconde venue du Christ avec une espérance sûre, parce que nous avons connu la première ».

Benoît XVI a souligné comment le Dieu qui s'est fait petit enfant demeure « proche » de l'humanité : « Le mystère de Bethléem nous révèle le Dieu-avec-nous, le Dieu qui nous est proche, pas simplement au sens spatial, et temporel. Il est proche de nous parce qu'il a en quelque sorte ‘épousé' notre humanité. Il a pris sur lui notre condition, en choisissant d'être comme nous en toute chose, excepté le péché, pour nous faire devenir comme lui ». 

Benoît XVI a repris la symbolique biblique - et conciliaire - de Dieu Epoux de son Peuple en disant : « La joie chrétienne jaillit donc de cette certitude : Dieu est proche, il est avec moi, il est avec nous, dans la joie et dans la douleur, dans la santé et dans la maladie,  comme un ami et un époux fidèle. Et cette joie demeure aussi dans l'épreuve, dans la souffrance même, et elle reste, non en superficie, mais au plus profond de la personne qui se confie à Dieu et met en lui sa confiance ».

Anita S. Bourdin