Anglicans : première visite de l'archevêque Welby au Vatican

Collaboration pour défendre les valeurs chrétiennes

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 869 clics

« Faire entendre le cri des pauvres », défendre « le caractère sacré de la vie humaine ou la solidité de l’institution de la famille fondée sur le mariage », s'engager pour « la résolution des conflits », sont les domaines de collaboration entre Eglise catholique et Eglise anglicane mis en évidence ce 14 juin par le pape François.

Le pape a en effet rencontré pour la première fois l’archevêque de Cantorbéry et primat de la Communion anglicane, Justin Welby, ce matin à 11h, au Vatican.

Non pas des étrangers mais des concitoyens

La rencontre officielle s’est ouverte par une audience privée dans la bibliothèque, suivie des discours et des échanges de cadeaux. Elle s’est conclue par un temps de prière commune en la chapelle Redemptoris Mater. En fin de matinée, un déjeuner a eu lieu à la Maison Sainte-Marthe.

L’entrevue s’est déroulée dans un climat fraternel, dans le sillon de la visite de l’archevêque Michael Ramsey à Paul VI, en 1966. Le pape François a d’ailleurs accueilli l’archevêque Welby avec les mots de Paul VI : « Vos pas ne vous ont pas porté dans une demeure étrangère […] Nous nous réjouissons de vous ouvrir les portes et, avec les portes, notre cœur ; parce que nous sommes heureux et honorés […] de vous accueillir "non comme des étrangers ou des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu" (cf Ep 2,19-20) ».

Il a également remercié Justin Welby pour les prières qui ont été dites à son intention, lors de la cérémonie d’installation de l’archevêque anglican, le 21 mars, deux jours après la messe d’inauguration du pape : « ayant initié nos ministères respectifs à quelques jours de distance l’un de l’autre, nous aurons toujours un motif particulier de nous soutenir mutuellement par la prière », a-t-il déclaré.

Malgré une « histoire des relations entre l’Église d’Angleterre et l’Église de Rome longue est complexe, non dépourvue de souffrances », le pape a mis en relief le « chemin de rapprochement et de fraternité » des dernières décennies.

Faire entendre le cri des pauvres

Selon le pape, la marche vers l’unité peut s’exprimer « à travers la collaboration dans différents domaines de la vie quotidienne », parmi lesquels « la promotion des valeurs chrétiennes » et des « fondements mêmes de la coexistence » comme « le respect dû au caractère sacré de la vie humaine ou la solidité de l’institution de la famille fondée sur le mariage ».

Il a cité aussi « l’engagement en faveur d’une plus grande justice sociale et d’un système économique qui soit mis au service de l’homme et du bien commun » : « une de nos tâches, en tant que témoins de l’amour de Dieu, est de faire entendre le cri des pauvres afin qu’ils ne soient pas abandonnés aux lois d’une économie qui semble parfois ne voir en l’homme qu’un consommateur ».

Le pape a rendu hommage à l’engagement de l’archevêque Welby pour ses déclarations en faveur de « la réconciliation et la résolution des conflits entre les nations », notamment dans le conflit syrien.

Les chrétiens, a-t-il souligné, portent « la paix et la grâce comme un trésor à offrir au monde », mais ces dons « ne peuvent produire de fruit que lorsqu’ils vivent et travaillent ensemble dans l’harmonie ».

Enfin, le pape a exprimé sa reconnaissance envers l’Église anglicane « pour l’effort sincère qu’elle a fourni pour comprendre les raisons qui ont amené [son] prédécesseur, Benoît XVI, à offrir une structure canonique en mesure de répondre aux demandes de ces groupes d’anglicans qui ont souhaité être reçus dans l’Église catholique : je suis certain que cela permettra de mieux faire connaître et apprécier, dans le monde catholique, les traditions spirituelles, liturgiques et pastorales qui constituent le patrimoine anglican ».

« Cher frère, a-t-il conclu, marchons vers l’unité, unis fraternellement dans la charité, en ayant constamment Jésus-Christ, notre frère ainé, comme point de référence... Mettons notre espérance en lui, « dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir » (Ep 3, 20).