"Annoncez la Parole en toute occasion, opportune ou inopportune"

Homélie du pape pour des consécrations épiscopales

Rome, (Zenit.org) Pape François | 599 clics

« Annoncez la Parole en toute occasion, opportune ou inopportune », exhorte le pape lors d'une messe de consécrations épiscopales : « Avertissez, reprenez, exhortez avec magnanimité et doctrine ».

Le pape a en effet conféré l’ordination épiscopale à un Français, Mgr Jean-Marie Speich et un Italien, Mgr Giampiero Gloder, en la basilique Saint-Pierre, hier, 24 octobre 2013 (cf. Zenit du 24 octobre).

Il les a aussi encouragés à « puiser à la plénitude de la sainteté du Christ » par « l’oraison et l’offrande du sacrifice pour le peuple » : « Un évêque qui ne prie pas est un évêque à mi-chemin. Et s’il ne prie pas le Seigneur, il tombe dans la mondanité », a-t-il mis en garde.

Son homélie était en substance l’« homélie rituelle » prévue dans l’édition italienne du pontifical romain pour l’ordination des évêques, à laquelle le pape a intégré des ajouts personnels, d'abondance de coeur.

Homélie du pape François

Chers frères et fils bien-aimés,

Réfléchissons avec attention à cette haute responsabilité ecclésiale à laquelle sont appelés nos frères. Notre Seigneur Jésus-Christ, envoyé par le Père pour racheter les hommes, a envoyé à son tour dans le monde les douze apôtres afin que, remplis de la puissance de l’Esprit-Saint, ils annoncent l’Évangile à tous les peuples et que, en les rassemblant sous un unique pasteur, ils les sanctifient et les guident vers le salut.

Pour perpétuer de génération en génération ce ministère apostolique, les Douze se sont attaché des collaborateurs en leur transmettant par l’imposition des mains le don de l’Esprit reçu du Christ, qui conférait la plénitude du sacrement de l’Ordre. Ainsi, à travers la succession ininterrompue des évêques dans la tradition vivante de l’Église, s’est conservé ce ministère principal et l’œuvre du Sauveur se poursuit et se développe jusqu’à nos jours. Notre Seigneur Jésus-Christ, grand-prêtre éternel, est présent au milieu de vous dans l’évêque entouré de ses prêtres.

En effet, c’est le Christ qui, dans le ministère de l’évêque, continue de prêcher l’Évangile du salut et de sanctifier les croyants, à travers les sacrements de la foi. C’est le Christ qui, dans la paternité de l’évêque, fait grandir son corps qu’est l’Église par de nouveaux membres. C’est le Christ qui, dans la sagesse et la prudence de l’évêque, guide le peuple de Dieu dans son pèlerinage terrestre jusqu’au bonheur éternel.

Avec joie et gratitude, accueillez donc nos frères que nous, évêques, par l’imposition des mains, associons aujourd’hui au collège épiscopal. Rendez-leur l’honneur qui est dû à des ministres du Christ et aux dispensateurs des mystères de Dieu, à qui est confié le témoignage de l’Évangile et le ministère de l’Esprit pour la sanctification. Rappelez-vous les paroles de Jésus aux apôtres : « Qui vous écoute m'écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé ».

Quant à vous, Jean-Marie et Giampiero, élus par le Seigneur, réfléchissez au fait que vous avez été choisis parmi les hommes et pour les hommes, vous avez été constitués pour les choses qui concernent Dieu. « Épiscopat », en effet, est le nom d’un service et non d’un honneur. Il revient plus à l’évêque de servir que de dominer, selon le commandement du Maître : « que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert ». Toujours en service, toujours.

Annoncez la Parole en toute occasion, opportune ou inopportune. Avertissez, reprenez, exhortez avec magnanimité et doctrine. Et, à travers l’oraison et l’offrande du sacrifice pour votre peuple, vous puiserez à la plénitude de la sainteté du Christ la richesse multiforme de la grâce divine. À travers l’oraison. Souvenez-vous du premier conflit dans l’Église de Jérusalem, lorsque les évêques avaient tellement de travail pour protéger les veuves et les orphelins qu’ils ont décidé de nommer les diacres. Pourquoi ? Pour prier et prêcher la Parole. Un évêque qui ne prie pas est un évêque à mi-chemin. Et s’il ne prie pas le Seigneur, il tombe dans la mondanité.

Dans l’Église qui vous a été confiée, soyez les fidèles gardiens et dispensateurs des mystères du Christ ; placés par le Père à la tête de sa famille, suivez toujours l’exemple du bon Pasteur qui connaît ses brebis, qui est connu d’elles et qui n’a pas hésité à donner sa vie pour elles.

L’amour de l’évêque : aimez, aimez avec l’amour d’un père et d’un frère tous ceux que Dieu vous confie. Avant tout, aimez les prêtres et les diacres. Ce sont vos collaborateurs, ils sont vos plus proches prochains, pour vous. Ne faites jamais attendre un prêtre ; il demande une audience ? Répondez immédiatement ! Soyez proches d’eux. Mais aimez aussi les pauvres, les personnes sans défense et celles qui ont besoin d’être accueillies et aidées. Exhortez les fidèles à coopérer à l’engagement apostolique et écoutez-les volontiers.

Soyez très attentifs à ceux qui n’appartiennent pas à l’unique enclos du Christ, parce qu’ils vous ont été confiés eux aussi dans le Seigneur. Priez beaucoup pour eux. Rappelez-vous que dans l’Église catholique, réunie par le lien de la charité, vous êtes unis au Collège des évêques et vous devez avoir en vous la sollicitude de toutes les Églises, portant généreusement secours à celles qui ont davantage besoin d’aide.

Et veillez avec amour sur tout le troupeau dans lequel vous place l’Esprit-Saint pour diriger l’Église de Dieu. Veillez au nom du Père, dont vous rendez présente l’image ; au nom de Jésus-Christ, son Fils, par lequel vous êtes constitués maîtres, prêtres et pasteurs. Au nom de l’Esprit-Saint qui donne vie à l’Église et qui, par sa puissance, soutient notre faiblesse. Ainsi soit-il !

Traduction de Zenit