Antisémitisme : mise au point du P. Federico Lombardi, sj

Interrogations de la presse sur le rapport avec le judaïsme

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 1166 clics

Il est « absolument impossible » de dire que les juifs sont « des ennemis de l’Eglise » : par cette mise au point le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, sj, a répondu aux questions des journalistes le 7 janvier. Il rappelle les paroles et les gestes des papes et leur condamnation de l’antisémitisme.

Une déclaration qu’il faut remettre dans son contexte : Radio Vatican rappelle en effet que « la Fraternité Saint-Pie-X a suscité ces jours derniers un nouvel emballement médiatique : à l'occasion d'une conférence, le vendredi 28 décembre au Canada, le supérieur général de la Fraternité, Mgr Bernard Fellay, a affirmé que les juifs étaient les ennemis de l'Eglise, comme les Francs-Maçons et les Modernistes. Rien de bien nouveau dans ces propos, mais l’émotion et l’indignation se sont propagées sur la toile ».

Le P. Lombardi n’a pas réagi par écrit, mais il a répondu oralement en précisant qu’il n’avait pas l’intention de commenter la longue intervention de Mgr Fellay qui a touché « de très nombreux sujets ». 

Mais à qui lui demandait s’il était « possible de dire que les juifs sont des « ennemis de l’Eglise » », le P. Lombardi a répondu sans ambages : « cela n’est absolument pas possible » et « cela apparaît clairement dans la position de l’Eglise vis-à-vis des juifs, qui est bien exprimée dans le document « Nostra Aetate » du Concile Vatican II ».

Il a ajouté, précise-t-il à Zenit, que « les papes ont parlé de très nombreuses fois de façon positive du dialogue entre chrétiens et juifs et ils ont fait des gestes très significatifs dans cette direction, en particulier avec les visites au Mur des Lamentations et aux synagogues ».

Il rappelle que Benoît XVI « en a visité trois », et cite Cologne, le 19 août 2005, New York, le 18 avril 2008, et Rome, le 17 janvier 2010, et qu’il s’est également rendu au Mur des Lamentations, le 12 mai 2009.

Radio Vatican rappelle qu’en 2009, lors de sa visite en Israël, Benoît XVI avait qualifié l’antisémitisme de totalement inacceptable, l’antisémitisme - avait-il regretté - qui « continue de relever son visage répugnant dans plusieurs parties du monde ».

L’année précédente à Paris, en rencontrant des représentants de la communauté juive, il avait affirmé qu’être antisémite, c’est être antichrétien, rappelle la même source.

"Au mois de novembre 2012, dans les colonnes de L’Osservatore romano, le quotidien du Vatican, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens et de la Commission pour les rapports avec le judaïsme, a tenu à souligner combien le dialogue avec les juifs était fondamental pour le pape. Les efforts déployés pour faire revenir les disciples de Mgr Lefebvre dans l’Eglise – a précisé le cardinal Koch – ne signifient aucunement une remise en cause de la déclaration conciliaire Nostra Aetate", a ajouté Radio Vatican. Canoniquement, en effet, les disciples de Mgr Lefebvre ne sont pas membres de l’Eglise catholique romaine.

Et de préciser : « Cette déclaration historique exprimait le respect de l'Eglise à l'égard des religions non chrétiennes, mais elle avait surtout l'intention, après la Shoah, de mettre fin à toute attitude anti judaïque et antisémite dans l'Eglise. « A l'intention des juifs – a déclaré le cardinal Koch - le Saint-Père m'a chargé de présenter la question de manière correcte : Nostra Aetate n'est pas le moins du monde remis en discussion par le magistère de l'Eglise, comme Benoît XVI lui-même l'a plus d'une fois démontré dans ses discours, ses écrits et ses gestes pastoraux ». »

Zenit a publié en mai dernier, en plusieurs parties, une traduction en frnaçais de la longue « Berrie Lecture » du cardinal Koch donnée à l’Angelicum : « Construire sur Nostra Aetate : 50 ans de dialogue judéo-chrétien ». Il y dénonçait l’antisémitisme comme « une trahison de la foi chrétienne » (cf. Zenit du 17 mai 2012).