Appel à résister à "la culture de la mort"

Le pape rencontre le peuple coréen pour l'Assomption à Daejeon

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 597 clics

Le pape appelle les chrétiens de Corée à être « une force généreuse de renouveau spirituel » dans la société, en « combattant l’attrait du matérialisme, les modèles économiques inhumains » et « la culture de la mort qui dévalue l’image de Dieu, le Dieu de la vie, et viole la dignité de chaque homme, femme et enfant ».

Pour la fête de l'Assomption de la Vierge Marie, au deuxième jour de son voyage apostolique en Corée du Sud, ce 15 août 2014, le pape François a vécu sa première rencontre avec le peuple coréen, au « World cup stadium » de Daejeon, à quelque 150 km au sud de Séoul.

Parti à bord d'un train local - sous les regards médusés des voyageurs - de la capitale, où le pape est logé à la nonciature apostolique depuis son arrivée hier, 14 août, il a été accueilli à Daejeon par l’évêque de la ville, Mgr Lazzaro You Heung-sik.

Il a ensuite rejoint le stade de la ville, qui a abrité des matchs de la coupe du monde de football 2002, et où l’attendaient quelque 50.000 personnes, dans le flegme et la réserve asiatique, têtes couvertes de visières blanches ou de mantilles pour les femmes.

Mais le stade tranquille s’est réveillé à l’arrivée du pape en voiture découverte, acclamé avec joie et enthousiasme. La messe a commencé aux alentours de 10h50 heure locale (3h50 heure de Rome), animée par une chorale en habit traditionnel, le "hanbok", haut croisé sur la poitrine et longue jupe évasée.

Le pape François a rejoint l'autel installé sous un chapiteau, devant un panneau géant couleur bleue mariale. Près de l’autel, était à l’honneur une grande statue blanche de la Vierge, vêtue du hanbok, les cheveux relevés et retenus par la longue épingle traditionnelle coréenne.

Le 15 août marquant aussi la fête nationale de la Libération de la Corée, le pape a médité sur la liberté chrétienne à l'école de la Vierge Marie. S'exprimant en italien, il s'est interrompu à intervalle régulier pour la traduction coréenne, avant de poursuivre.

« De Marie, nous apprenons que la liberté chrétienne est quelque chose de plus que la simple libération du péché. C’est la liberté qui ouvre à une nouvelle façon spirituelle de considérer les réalités terrestres, la liberté d’aimer Dieu ainsi que nos frères et sœurs d’un cœur pur, et de vivre dans la joyeuse espérance de la venue du Règne du Christ », a-t-il expliqué.

Le pape a invité à rester « fidèles à la liberté royale reçue le jour du baptême » afin d’être « une force généreuse de renouveau spirituel en chaque milieu de la société ».

Ce renouveau, a-t-il souligné, passera par « une vive sollicitude pour les pauvres, les personnes vulnérables » mais aussi en combattant « l’attrait du matérialisme qui étouffe les authentiques valeurs spirituelles et culturelles, ainsi que l’esprit de compétition débridée qui génère égoïsme et conflits » et en rejetant « les modèles économiques inhumains qui créent de nouvelles formes de pauvreté et marginalisent les travailleurs, ainsi que la culture de la mort qui dévalue l’image de Dieu, le Dieu de la vie, et viole la dignité de chaque homme, femme et enfant ».

Lors de la communion, c'est la soprano sud-coréenne Jo Sumi, qui a interprété l'hymne "Panis Angelicus". La célébration s’est conclue vers 12h20 par la prière de l'angélus. Le pape François devait ensuite déjeuner avec une délégation de jeunes d’Asie, au grand séminaire de Daejeon. Dans l’après-midi, il rencontrera tous les participants à la VIe Journée de la jeunesse asiatique, au sanctuaire de Solmoe, au nord-ouest de Daejeon.