Appels de Beyrouth et de Gaza

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ROME, Mardi 25 juillet 2006 (ZENIT.org) – La violence disproportionnée menace d'embraser le Proche-Orient. Le Secours Catholique et le réseau Caritas mobilisent leurs équipes pour venir en aide aux populations libanaises et palestiniennes, principales victimes de cette guerre, rappelle un communiqué du Secours Catholique, qui publie par ailleurs deux témoignages bouleversants : le premier de la responsable de Caritas Liban et le deuxième d’un prêtre de Gaza.



« Nous avons rêvé, nous avons prié, nous avons pleuré, mais nous mourons, pour la Paix sur la terre, pour la paix au Liban et les pays qui nous entourent…Depuis 10 jours maintenant, le Liban subit des attaques aériennes sans merci sur tout le territoire libanais. Des gens meurent, des gens fuient leur terre, des gens fuient le Liban. Apporter des secours aux villages du sud du Liban est devenu impossible. Les messages lâchés par l’aviation israélienne sont clairs : aucun camion ne sera autorisé à rouler au risque de devenir une cible militaire. Aucune force, même pas celles de l’ONU, ne peut bouger pour secourir ceux qui ont été touchés par les derniers bombardements, à moins de devenir les cibles elles-mêmes. Les hôpitaux sont surchargés. Les services ou les organisations spécialistes de l’urgence font leur possible pour apporter des secours… Mais nous sommes à court d’approvisionnements.

Voici en bref notre combat pour la paix, pour notre survie. Nous en appelons à votre soutien, votre intervention pour dire à vos gouvernements, et au monde entier qu’un cessez-le-feu doit être décrété pour que nous puissions secourir ceux qui souffrent », raconte Najla CHAHDA, de Caritas Liban

Celle-ci poursuit en précisant que le nombre de victimes ne cesse de grandir : 327 tués, environ 1000 blessés dont 300 le sont gravement. Le nombre de déplacés a atteint officiellement le chiffre de 600 000.

Plus au sud, le Père Manuel Musallam à Gaza lance cet appel : « La population de Gaza souffre comme je ne l’ai jamais vu. Les gens ont faim, ont soif. Il n’y a pas d’électricité depuis plus de vingt jours, ni d’eau potable. Nous sommes bombardés sans relâche, et assourdis par les murs du son d’avions qui rasent nos maisons en permanence. Les enfants en sont terrorisés. Quand les déflagrations supersoniques se passent la nuit, les enfants sont projetés en dehors de leurs lits et beaucoup se fracturent un bras ou une jambe. Gaza ne peut plus dormir.

Les sœurs de l’Enfant Jésus sont revenues effondrées de leur visite au Camp de réfugiés de Jabalia. Elles n’ont vu que des enfants qui pleurent de faim, des gens prostrés par la faim, sans lumière, sans espoir, sans amour.

Quand je vous implore, en tant que prêtre, je n’attends pas de la pitié, nous n’en avons pas besoin. Nous attendons simplement que justice soit faite, car sans justice, la paix ne pourra advenir. »

La clinique mobile de Caritas, elle aussi devenue une cible, a dû cesser toute activité malgré les besoins des populations dans les zones isolées.