Armes à sous-munitions : Appel du Saint-Siège en faveur des victimes

Intervention de Mgr Mamberti à Oslo

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ROME, Jeudi 4 décembre 2008 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège appelle les Etats non-signataires de la Convention d'Oslo sur les armes à sous-munitions à se joindre aux signataires pour envoyer un signal clair « aux victimes ».

Mgr Dominique Mamaberti, secrétaire pour les Relations avec les Etats, est intervenu dans ce sens, à Oslo, à l'occasion de la cérémonie de signature de la Convention internationale sur les armes à sous-munitions, hier, 3 décembre 2008 (cf. Ci-dessous in Documents pour le texte intégral).

« Nous voudrions lancer un appel à tous les pays, notamment producteurs, exportateurs et utilisateurs potentiels d'armes à sous-munitions pour qu'ils se joignent aux signataires actuels afin de faire comprendre à toutes les victimes et à tous les pays gravement affectés par ces armes, que leur message a été entendu », a déclaré Mgr Mamberti.

Il a salué dans la Convention la mention de « l'assistance aux victimes » comme « une question de dignité, de droit, de justice et de fraternité », tout en précisant « l'importance et la pertinence de la définition du terme « victime », qui englobe la famille et la communauté ».

« Une sécurité crédible est non seulement possible mais surtout plus efficace si elle est basée sur la coopération, sur l'établissement de la confiance et sur un ordre international juste », a-t-il fait observer.

D'emblée, Mgr Mamberti avait recentré le débat sur la dignité de toute personne en disant : « Nous devrions tous pouvoir être d'accord sur la place centrale de la dignité de l'homme et l'indispensable respect des droits et devoirs de la personne humaine. La paix et la sécurité ne peuvent être stables et durables que si elles sont basées sur la justice, la solidarité et la fraternité au sein des États et entre les États ».

Il a évoqué le « grand succès » de la Convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel, et la Convention sur les armes à sous-munitions comme « une autre preuve de notre capacité à élaborer et à adopter des instruments ambitieux qui conjuguent le désarmement et le droit humanitaire d'une manière créative et capable de proposer une alternative crédible fondée sur la centralité de la personne humaine ».

Il y voit « l'expression d'une volonté politique commune de répondre concrètement à des problèmes particuliers par le renforcement du droit humanitaire international, qui interprète en quelque sorte notre conviction que le respect de la dignité de tout homme, en particulier des plus fragiles, est la voie maîtresse de la paix et de la sécurité ».

Il a salué le processus d'Oslo comme « la démonstration » que « le succès est possible ».

Et d'analyser la convergence qui a fait ce succès : « Un petit groupe de pays avec des convictions fortes ; une approche inclusive de tous les acteurs potentiels; des objectifs clairs et un calendrier judicieux et surtout une conviction profonde que le point de départ et d'arrivée de toute initiative qui touche à la paix et la sécurité doit être la personne humaine ».

Pour le Saint-Siège en effet « l'approche générale de la Convention est satisfaisante puisqu'elle part des conséquences des armes à sous-munitions sur les personnes ».

Le Saint-Siège salue aussi une convention qui renforce « le lien entre le droit humanitaire international et les droits de l'homme » : « La protection et les droits qu'elle offre sont plus adéquats et plus ambitieux que ceux déjà fixés dans les instruments en vigueur ».

Troisième élément positif pour le Saint-Siège : « Pour la première fois, un instrument international fait le pas de déterminer une responsabilité morale des utilisateurs d'une arme spécifique ».

Enfin, sur la question de la participation des futurs États parties à la Convention à des opérations militaires conjointes avec des États non parties « est de toute importance » : « Nous sommes confiants que les États parties feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire respecter les dispositions de la Convention par les partenaires qui ne seraient pas parties à la Convention ».