"Armés de leur foi, ils franchissent toutes les barrières"

Méditation du card. Parolin sur les martyrs d'aujourd'hui

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 406 clics

« Ils ont franchi les barrières imposées par les nations, par les cultures et par la mondialisation de l’indifférence » : c'est en ces termes que le cardinal Parolin salue le témoignage des martyrs chrétiens d'hier et d'aujourd'hui, qui « armés uniquement de leur foi, communiquent à tous les antidotes contre la haine ».

Le cardinal Secrétaire d’État Pietro Parolin a présidé la prière d'intercession pour les nouveaux martyrs chrétiens organisée chaque année par la communauté de Sant’Egidio, pendant la Semaine sainte, en la basilique Sainte-Marie-in-Trastevere, le 15 avril 2014. L'Osservatore Romano du 16 avril rapporte des extraits de son intervention.

Les antidotes contre la haine

Le cardinal a rendu hommage aux chrétiens qui, aujourd’hui encore « ne fuient pas la dérision et la perspective de la mort à laquelle les expose leur fidélité à Dieu », à l'image du Christ « qui supportait, par amour du Père, les moqueries de tous ceux qui défilaient sous sa croix ».

Même si ces chrétiens font l’effet de « héros loin des limites et des contradictions » du commun des mortels, il s’agit en réalité « de personnes comme nous », a fait observer le cardinal : « c’est justement dans la faiblesse qu’ils ont développé cette force intérieure inattendue, à partir de la prière, de l’amour quotidien pour les pauvres, de la liturgie ».

Dans leur faiblesse, ils « montrent que la force vient de Dieu » et « qu’il est toujours possible de sortir de soi » pour rejoindre « ceux qui sont loin » : « Ils restent malgré les menaces et les intimidations. Ils inquiètent ceux qui agitent des plans de mort, parce qu’ils défendent la vie et communiquent à tous les antidotes contre la haine, contre la volonté de possession. »

Ces nouveaux martyrs sont « armés uniquement de leur foi et de leur service aux plus petits », une foi qui « génère en eux une espérance tenace, avec laquelle ils brisent la tristesse et l’asservissement à la peur. Ils ont franchi les limites et barrières imposées par les nations, par les cultures et par la mondialisation de l’indifférence, en faisant connaître partout le nom du Seigneur Jésus, vraie origine de la mondialisation de l’amour ».

Une force que le monde ne connaît pas

Mais la force des martyrs est une force « que le monde ne connaît pas et qui, paradoxalement, se manifeste dans l’échec et dans l’humiliation de tous ceux qui souffrent à cause de l’Évangile », a-t-il poursuivi.

Cette force « traverse les Églises et les communautés chrétiennes », aussi bien « orthodoxes, protestantes, anglicanes », et elle invite les chrétiens « à l’unité  », a estimé le cardinal, qui était entouré de représentants de différentes Églises et communautés chrétiennes.

« Tant de nos frères et sœurs font encore l’objet d’une haine antichrétienne », a-t-il dénoncé : « Ils ne sont pas poursuivis parce qu’on leur dispute un quelconque pouvoir mondain, politique, économique ou militaire, mais précisément parce qu’ils sont des témoins tenaces d’une autre vision de la vie, faite d’abaissement, de service, de liberté. »

« Là où la haine semblait polluer toute l’existence, ils ont montré que 'l’amour est plus fort que la mort'. Il arrive que le nom 'chrétien' suffise lui tout seul à attirer la haine, car il renvoie à la force pacifiante, humble, dont ils sont porteurs, comme tant de volontaires, laïcs ou consacrés, jeunes et âgés, dont la vie a été brisée tandis qu’ils servaient généreusement l’Eglise et transmettaient l’enthousiasme de la charité », a-t-il poursuivi.

« Confortés par leur témoignage, renouvelons nos choix d’amour, en les remerciant de nous avoir donné leur vie, et convertissant notre cœur à la force de l’Evangile », a conclu le cardinal.

Avec Océane Le Gall pour la traduction