Artisan de paix au milieu des armes : la mission des évêques aux armées

Benoît XVI reçoit les participants au Ve congrès international

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ROME, Jeudi 26 octobre 2006 (ZENIT.org) – Artisan de paix au milieu des armes, c’est ainsi que le pape caractérise la mission des évêques aux armées qu’il a reçus jeudi matin à l’issue de leur 5e congrès à Rome.



Le congrès était organisé par la congrégation romaine pour les Evêques, dont le préfet est le cardinal Giovanni Battista Re qui a ouvert les travaux le 23 octobre, et assisté du P. Giulio Cerchietti, responsable du Bureau pastoral central des ordinariats militaires. Il se conclura demain, 27 octobre, par la célébration eucharistique à Saint-Pierre, sous la présidence du cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone. Il s’est déroulé en la vieille salle du synode au Vatican, sur le thème : « Les militaires au service de la paix ».

Il a réuni 70 délégués des conférences épiscopales des 35 ordinariats militaires.

« Si le Concile appelle les militaires ministres de la paix, a fortiori leurs pasteurs ! Je vous encourage par conséquent tous à faire en sorte que les aumôniers soient de vrais experts en ce que l'Eglise enseigne et fait pour la paix dans le monde », exhortait Benoît XVI.

En milieu militaire, l’Eglise, ajoutait le pape, est appelée à être « sel », « lumière » et « levain », « pour que les esprits et les structures aillent vers le plein accomplissement de la paix ».

Le magistère relatif à la paix, insistait le pape, constitue « un aspect essentiel de la doctrine sociale ».

« L'appel insistant à la paix a influencé la culture occidentale, a fait observer Benoît XVI, en développant l'idée que les armées sont au service exclusif de la défense de la liberté et de la sécurité des peuples ».

Il déplorait cependant que « des intérêts divergents, économiques et politiques, provoquent des tensions internationales », ainsi que « des obstacles et des retards » comme en témoigne « la difficulté du désarmement ».

Ce congrès coïncidait avec le 20e anniversaire de la constitution apostolique de Jean-Paul II sur le soin pastoral et spirituel des militaires « Spirituali Militum Curae ».

Benoît XVI a rappelé que ce document de Jean-Paul II prenait en charge les « indications conciliaires », et « l'évolution des forces armées et de leurs missions ».

Vingt ans après, en dépit des changements, le pape a souligné que ce document demeure « encore adapté à la situation actuelle ».

Benoît XVI a rappelé également la communion entre les ordinaires militaires et les Eglises locales en disant : « Ceux à qui s'adressent les ordinariats sont des fidèles d'Eglises particulières, auxquelles ils continuent d'appartenir, a fait observer Benoît XVI. Cette situation impose donc une exigence de communion et de coordination entre diocèses et ordinariats ».

Et pour ce qui est de la formation et de l’accompagnement des personnes, le pape a souligné que « mettre au premier rang la personne signifie privilégier la formation religieuse du militaire, l'accompagner lui et sa famille durant l'initiation chrétienne, son parcours vocationnel, le renforcement de sa foi et dans son témoignage, tout en favorisant les diverses formes de fraternité et de communauté telle une prière liturgique adaptée aux contextes et conditions de vie militaires ».

Les débats ont évoqué cinq questions: « La nature des ordinariats selon la constitution apostolique Spirituali Militum Curae et des documents successifs du magistère »; « La mission des ordinariats et leurs priorités actuelles »; « Le sacerdoce et les autres ministères ordonnés au service de la mission pastorale des ordinariats »; « Le droit à l'assistance religieuse des militaires en mission de paix, et la formation au droit humanitaire »; « Les rapports d'un ordinariat avec la conférence épiscopale et les évêques diocésains »; « Soldats et serviteurs de la paix », et le statut juridique des ordinariats.