Asie : des Eglises minoritaires mais vivantes

Assemblée des évêques du continent

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Anne Kurian

ROME, mercredi 19 décembre 2012 (Zenit.org) – En Asie, l’Eglise catholique est souvent minoritaire. Mais elle y est très vivante, car la taille importe peu pour annoncer le Christ.

C’est ce qu’ont souligné les participants de la 10e assemblée de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (FABC), qui a eu lieu au Vietnam, à Xuân Lôc, au nord de Saigon, du 10 au 16 décembre, sur le thème « Les quarante années de la FABC et les défis de l’Asie » (cf. Zenit du 18 décembre 2012).

Dans les différents rapports des représentants, une réalité commune se distingue : quelle que soit la taille d'une Eglise locale, les évêques, les prêtres, les religieux et les laïcs témoignent de Jésus-Christ à travers « un dialogue permanent avec les personnes d'autres religions, avec leur culture locale et avec les pauvres ».

Le Turkménistan par exemple, république d'Asie centrale, a le plus petit nombre de catholiques de tous les pays du FABC : environ 150 catholiques – sur cinq millions d’habitants – dont les diplomates affectés dans le pays et un certain nombre de travailleurs étrangers en provenance des Philippines.

Il s'agit d’ailleurs d'une « mission sui iuris », catégorie réservée à une église nouvellement créée ou particulièrement petite, a rappelé le P. Andrzei Madej, membre polonais des Oblats de Marie Immaculée, supérieur de cette mission depuis 1992.

Toutefois, l’Eglise y est bien vivante et elle s’agrandit chaque année de « deux nouveaux catholiques ».

Le Timor oriental au contraire, représenté par Mgr Amaral Norberto, évêque de Maliana, est l'un des plus petits pays de la FABC – un peu moins de 15.000 kilomètres carrés – et sa population totale ne compte qu’environ un million de personnes. Mais selon Mgr Amaral Noberto, il s’agit du pays « le plus catholique » d'Asie avec ses « 98% de catholiques », les 2% restant étant protestants et musulmans.

En revanche, au Kirghizistan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan, pays d'Asie centrale, le nombre de catholiques baisse en raison de la migration de retour ethnique vers l'Allemagne, la Russie et la Pologne.

Dans certaines parties de l'Asie du Sud, les catholiques représentent moins de 1% de la population, comme au Népal (8.000 catholiques sur 27,5 millions d’habitants). Mais les Eglises y sont très missionnaires : toujours au Népal, les écoles dirigées par l’Eglise locale éduquent plus de 23.000 enfants, dont 99,9% ne sont pas catholiques.

Au Kazakhstan, la situation est encore différente : Mgr Tomasz Peta, archevêque d’Astana, a expliqué que le pays comptait 150.000 catholiques répartis en quatre circonscriptions ecclésiastiques. En revanche, très peu participent à la messe dominicale. Il s’agit donc de « trouver des façons » de les y entraîner, notamment en « augmentant le nombre de paroisses afin que les gens puissent s’y rendre plus facilement », a estimé Mgr José Luis Mumbiel, évêque d'Almaty.

De même en Mongolie : sur les 850 catholiques de cette jeune Eglise née il y a 20 ans, environ 19% ne vont plus à l'église et beaucoup sont revenus à leurs anciennes religions, a déploré Mgr Wenceslao Padilla, membre philippin de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie.

Cette « préoccupation » n’est pourtant pas une fatalité pour l’évêque qui est décidé à « trouver de nouveaux programmes pour les convertis ».  

En Asie de l'Est enfin, les catholiques représentent moins de 1% de la population dans certains pays (Japon et Chine continentale), et près de 9% en Corée du Sud.