Asie : les évêques se penchent sur les défis

Pour une meilleure collaboration et communion

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Anne Kurian

ROME, mardi 18 décembre 2012 (Zenit.org) – Les Conférences épiscopales d’Asie se sont réunies au Vietnam, sur le thème « Les quarante années de la FABC et les défis de l’Asie », pour une meilleure collaboration et communion entre les pays du continent.

La dixième assemblée de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (FABC) a eu lieu du 10 au 16 décembre 2012 à l’évêché de Xuân Lôc, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Saigon. Une centaine de cardinaux, archevêques et évêques des 19 conférences épiscopales de la FABC ont participé à la rencontre, selon « Eglises d’Asie » (EDA), l’agence des Missions étrangères de Paris.

La cérémonie de clôture a été célébrée en la cathédrale de Saigon, où a été lu le message rédigé à l’issue de l’assemblée plénière. Ce document final devrait être publié dans les prochains jours.

Mgr Dominique Nguyên Chu Trinh, évêque de Xuân Lôc, précise à EDA que « la population de l’Asie représente 60 % de la population mondiale » alors que « les catholiques ne sont aujourd’hui qu’une minorité de 3,12 % sur l’ensemble des habitants de ce continent ».

Dans ce contexte, l’assemblée avait pour but « d’aider les Eglises locales à prendre conscience, ensemble, des défis, des difficultés communes et de proposer des orientations et des solutions », ajoute-t-il.

Les défis de l’Asie

Radio Vatican rapporte que les participants ont abordé des thèmes très variés, entre autres la mondialisation, la relation avec les cultures, le dialogue interreligieux, la liberté religieuse, la lutte contre la pauvreté, la défense des populations indigènes, les migrations, l’écologie, le rôle des laïcs, des femmes, des jeunes, les vocations et la diffusion des sectes pentecôtistes.

Pour Mgr Patrick D’Rozario, président de la Conférence épiscopale du Bangladesh, la réponse au défi de la nouvelle évangélisation en Asie, part de la conscience de deux réalités de la société contemporaine: une culture toujours plus sécularisée et le “silencieux” besoin de spiritualité.

Le cardinal Telesphore Toppo, président de la Conférence épiscopale indienne, pense quant à lui que l’Eglise de l’Asie méridionale a quatre priorités : la promotion de la foi catholique à travers le dialogue interreligieux et l’inculturation ; le rôle prophétique de l’Eglise face aux pratiques contraires à l’éthique comme la contraception, l’avortement et l’euthanasie; l’évangélisation dans le respect des cultures locales et l’attention pastorale aux populations tribales et indigènes.

Tandis que Mgr Peter Kang U-Il, président de l’épiscopat sud-coréen, a souligné la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les Eglises en Asie, Mgr Tomasz Peta, président de la Conférence du Kazakhstan, a souhaité une plus grande “spiritualité de communion” des évêques du continent à travers la prière.

Pour Mgr Jospeh Mitsuaki Takami, président des évêques japonais, la FABC doit s’engager davantage dans le dialogue interreligieux et le rôle des petites communautés ecclésiales dans les terres de mission.

Mgr Louis Chamniern Santisukniran, président de la Conférence épiscopale thaïlandaise, est allé dans le même sens, estimant que le dialogue interreligieux est un “parfait instrument pour la nouvelle évangélisation”.

Mgr Rufin Anthony, secrétaire de la Conférence épiscopale du Pakistan, a estimé de son côté la nécessité d'insister sur la catéchèse, la formation du clergé et des religieux et la promotion des vocations.

Mgr Geroge Valiamattam, archevêque syro-malabar de Tellicherry, a souligné pour sa part la grande contribution que les Eglises de rite oriental peuvent apporter à l’évangélisation du continent.

Un évêque coréen demande pardon

Parmi les interventions notables, Eglises d’Asie relève dans une dépêche de ce jour que Mgr Peter Kang U-il, évêque de Cheju en Corée du Sud et président la Conférence épiscopale, a demandé pardon pour les atrocités commises au Vietnam par les forces militaires de Corée du Sud qui y ont été engagées de 1968 à 1974.

Selon certaines sources, révélées récemment, les militaires coréens, au cours d’opérations effectuées durant les six ans de leur présence au Vietnam, seraient responsables de la mort de plus de 40 000 Vietnamiens, dont cinq mille civils.

L’évêque a expliqué qu’il s’agissait de son sentiment personnel et qu’il ne s’était pas exprimé au nom des évêques de son pays, précise EDA.

Lors de son voyage au Vietnam en 2001, le président sud-coréen Kim Dae-jung avait présenté ses excuses pour la douleur que les militaires coréens avaient « involontairement » fait subir à la population pendant la guerre, mais peu de Coréens aujourd’hui ont véritablement conscience de cette faute nationale, souligne l'agence. Si l’Eglise ne se prononce pas, personne ne le fera, a conclu Mgr Peter Kang U-il.

Par ailleurs, dans le cadre de la rencontre, une délégation a rendu visite aux autorités gouvernementales. Il s’agissait du cardinal Oswald Gracias, secrétaire général de la Fédération, du cardinal Caudencio B. Rosacio, prélat désigné par le pape pour le représenter pendant l’assemblée, de Mgr Leopoldo Girelli, représentant non résidant du Saint-Siège pour le Vietnam, du cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Mân, archevêque de Saigon, et de Mgr Pierre Nguyên Van Nhon, archevêque de Hanoi.

La Fédération des Conférences épiscopales d’Asie a été fondée en 1970 et a été reconnue par le pape Paul VI le 16 novembre 1972. Les assemblées plénières ont eu lieu tous les quatre ans. C’était la première fois que le Vietnam en était l'hôte