Assise 2011, en communion avec des "milliards" d'artisans de paix

Benoît XVI remercie les différentes délégations

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ROME, vendredi 28 octobre 2011 (ZENIT.org) – La rencontre d’Assise est représentative "des milliards d’hommes et de femmes" qui promeuvent activement dans le monde la justice et de la paix, a fait observer Benoît XVI au lendemain de la « Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la justice et la paix dans le monde », jeudi, 25 ans après la première rencontre autour de Jean-Paul II. Et le « pèlerinage » achevé, le « voyage » continue, a affirmé le pape.

Les pionniers du dialogue
Les quelque 300 représentants des religions et des philosophies du monde pour la paix ont achevé ce vendredi leur « triduum » qui avait débuté par l’audience de mercredi matin, en la salle Paul VI du Vatican : une liturgie de la Parole et une prière d’intercession pour la paix dans le monde.

Ils ont été reçus ce vendredi matin en la salle Clémentine du Vatican par Benoît XVI lors d’une audience que Radio Vatican qualifie « d’amicale » et même de « fraternelle ». En fin de matinée, un déjeuner a été offert aux délégations par le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone.

Ce matin, le pape a élargi l’horizon de la rencontre aux dimensions du monde: « Dans un certain sens, a fait observer Benoît XVI, cette rencontre est représentative des milliards d’hommes et de femmes qui, dans le monde entier, s’engagent activement pour la promotion de la justice et de la paix. C’est aussi le signe de l’amitié et de la fraternité qui a fleuri comme le fruit des efforts de tant de pionniers dans ce dialogue. Puisse cette amitié continuer à grandir entre tous les disciples des religions du monde et avec les hommes et les femmes de bonne volonté ».

Chemin de l’esprit, chemin de paix
Le pape a remercié particulièrement les autres chrétiens de leur « présence fraternelle », et les représentants du judaïsme – « particulièrement proches » - , les « illustres représentants des religions du monde », et ceux qui « ne suivent aucune tradition religieuse mais sont à la recherche de la vérité » et qui ont « voulu partager ce pèlerinage », pour manifester leur volonté de collaborer à la construction « d’un monde meilleur ».

Benoît XVI a rendu hommage à l’initiative du bienheureux Jean-Paul II et à sa « clairvoyance » ainsi qu’à ses interlocuteurs d’il y a 25 ans, « attentifs à accueillir » sa proposition, dans un monde inquiet. En 1986, la rencontre d’Assise a manifesté « le besoin d’hommes et de femmes de différentes religions de témoigner ensemble que le chemin de l’esprit est toujours un chemin de paix ».

C’est ainsi qu’Assise a pu devenir « la maison commune de qui est convaincu que la foi rime avec la paix et les valeurs, et non avec la haine et les préjugés ».

Une harmonie quotidienne
Pour le pape, des rencontres de cette nature sont forcément « exceptionnelles et peu fréquentes », mais elles n’en sont pas moins une « expression vivante du fait que chaque jour, dans notre monde, des personnes de traditions religieuses différentes vivent et travaillent ensemble en harmonie ».

« Il est certainement significatif pour la cause de la paix, a ajouté le pape, que tant d’hommes et de femmes, inspirés par leurs convictions les plus profondes, s’engagent à travailler au bien de la famille humaine ».

Pour Benoît XVI, la rencontre d’Assise a manifesté un désir commun et « authentique » de « contribuer au bien de tous les êtres humains », qui doit être partagé avec d’autres.

Avant de quitter Assise, jeudi soir, Benoît XVI a souligné combien cet événement révélait que « la dimension spirituelle est une clef de la construction de la paix » : « Par ce pèlerinage unique nous avons été capables de nous engager dans un dialogue fraternel, d’approfondir notre amitié et de nous retrouver dans le silence et la prière ».

Le voyage continue, ensemble
Le pape avait déjà élargi l’horizon à toutes les communautés représentées à Assise : « Après le renouvellement de notre engagement pour la paix et notre échange d’un signe de paix, nous nous sentons encore plus profondément engagés dans notre voyage humain commun, avec les hommes et les femmes des communautés que nous représentons”.

Il a souligné comment, après ce « pèlerinage », le « voyage » continuait, « ensemble » : “Nous n’allons pas nous séparer; nous continuerons à nous rencontrer, nous resterons unis dans ce voyage, dans le dialogue, dans la construction quotidienne de la paix et dans notre engagement pour un monde meilleur, un monde où tout homme et toute femme et tout peuple puissent vivre en accord avec leurs légitimes aspirations”

Anita S. Bourdin