Assise 2011 : l’urgence d’un engagement pour la paix

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ROME, Vendredi 16 septembre 2011 (ZENIT.org) –En convoquant une journée de prière pour la paix à Assise, le 27 octobre prochain, à l’occasion du 25e anniversaire de la rencontre convoquée par Jean-Paul II en 1986, Benoît XVI veut faire prendre conscience des « raisons urgentes d’un engagement unanime de dialogue et de fraternité pour la paix ».

C’est ce qu’affirme le président du Conseil pontifical Justice et paix, le cardinal Peter Turkson, et le secrétaire de ce même dicastère, Mgr Mario Toso, dans la préface du livret intitulé « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix. Vers la journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice », qui recueille les interventions publiées début juillet par L’Osservatore Romano en vue de cette rencontre d’Assise.

« Le désir de Benoît XVI de revivre le 25e anniversaire de la rencontre historique d’Assise en 1986 ne répond pas seulement à un motif de célébration et encore moins à l’intention de trouver une religion globale, fruit d’une négociation médiatrice entre de multiples fois ou d’un dangereux syncrétisme », peut-on lire dans cette préface. « Les raisons sont plus profondes, moins lointaines et préconçues. Encore aujourd’hui, il y a des raisons urgentes d’un engagement unanime de dialogue et de fraternité pour la paix, bien indispensable et incontournable pour l’humanité, pour l’avenir du monde ».

« Outre les conflits où les armées s’affrontent en provoquant des morts et des destructions inhumaines, il existe des affrontements et des luttes, peut-être pas aussi apparentes mais non moins nocives pour la dignité des personnes et des peuples », souligne le texte. « Il suffit de penser à la dernière crise financière, aux faillites, aux suicides » et aux problèmes généraux qui touchent les nations, leurs économies, les familles.

« Pour ces raisons manifestes et pour d’autres encore – apprend-t-on – Benoît XVI a désiré convoquer une nouvelle journée de réflexion, de dialogue et de prière à Assise, pour la justice et la paix dans le monde, invitant à accomplir un geste emblématique de bonne volonté en convergeant dans la ville de saint François mais surtout en regardant dans l’intime de soi, dans ses propres consciences, pour y entrevoir le lien indissoluble entre l’œuvre laborieuse de la paix et le désir irrépressible de vérité de la part de toute personne ».

Benoît XVI, en invitant à réfléchir sur le thème « pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix » sollicite ainsi « la culture contemporaine encline au nihilisme à dépasser le manque de confiance dans l’homme, dans sa raison et ce relativisme éthique qui mine à la base toute proposition de bien, (…) en ayant comme piliers l’amour, la liberté, la justice ».

La journée d’Assise 2011, dans une « continuité spirituelle » avec les journées encouragées par le bienheureux Jean-Paul II, « se caractérise ainsi par un apport spécifique de la part de l’actuel pontife. Dans son encyclique sociale, en effet, il rappelle que la paix est le fruit d’un engagement soutenu par un amour plein de vérité. Le nouveau nom de la paix peut être à raison défini de caritas in veritate », lit-on encore dans cette préface.

« La paix est possible parce que tous les hommes, créés intrinsèquement capables de vrai et de bien, sont des pèlerins infatigables de la vérité et, en définitive, de l’absolu ».

Assise 2011 devra donc être « le lieu où l’on prend vivement conscience que dans la spécificité de l’expérience religieuse de chacun – y compris la recherche de ceux qui se définissent comme athées – résident les fondements d’un chemin et d’un engagement communs pour la paix ». « Il faut que croyants et non-croyants grandissent dans la conscience que dans notre esprit, malgré les blessures du péché qui affaiblissent l’inclination au vrai bien, subsistent les germes intangibles d’une fraternité, d’une justice et d’une paix dont seul Dieu et une conscience droite sont de sûrs garants ».

« La capacité universelle de connaître le vrai, le bien et Dieu – conclut le texte – rend tous les hommes, croyants et non-croyants, membres d’une recherche commune, ainsi que d’un patrimoine de valeurs éthiques partagées dont il est possible de se servir pour coopérer à l’affirmation de la justice et de la paix dans le monde ».

Marine Soreau