Assise : La « détermination passionnée » du primat anglican pour la paix

Intervention de l'archevêque Rowan Williams

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ROME, lundi 7 novembre 2011 (ZENIT.org) – L’archevêque de Cantorbéry, Rowan Douglas Williams, affirme sa « détermination passionnée » pour la paix dans le monde. Et pour qu'elle advienne, il recommande de faire appel aux sagesses propres à chaque religion de façon à répondre aux défis de notre temps, notamment en reconnaissant le prochain « n’est pas un étranger ».

L’archevêque s’est exprimé ainsi au matin de la journée de rencontre, de dialogue et de prière pour la paix, à Assise, le 27 octobre dernier, dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges.

Le primat de l’Eglise anglicane, qui rejette clairement tout syncrétisme – tout comme l’avait fait le patriarche Bartholomée Ier - a proposé une « alliance des sagesses des religions » dans cette lutte pour la paix : « Nous ne sommes pas ici pour affirmer un socle minimum commun de croyances, mais pour parler en puisant dans la profondeur de nos traditions dans leurs distinctions, afin que la famille humaine ait davantage conscience de toute la sagesse qu’il faut mobiliser dans la lutte contre la folie d’un monde encore obsédé par la peur et la suspicion, encore séduit par l’idée d’une sécurité basée sur une hostilité défensive, et encore capable de tolérer ou d’ignorer des pertes massives de vies chez les plus pauvres, dans la guerre et la maladie ».

« La paix durable, a-t-il affirmé, commence lorsque nous voyons le prochain comme un autre nous-mêmes – et donc quand nous commençons à comprendre comment et pourquoi nous devons aimer le prochain comme nous-mêmes. » Car selon lui, la racine de l’échec de la paix réside « dans l’incapacité à reconnaitre les étrangers comme partageant avec nous une seule et même nature, une seule et même dignité ».

Voir dans l’étranger un autre soi-même n’est pas spécifique à la foi des chrétiens, a précisé le primat de la Communion anglicane : « Toutes les personnes croyantes ont en commun la conviction qu'en dernier ressort, nous ne sommes pas étrangers les uns aux autres. Et si nous ne sommes pas étrangers, nous devons tôt ou tard trouver une façon d’incarner cette reconnaissance mutuelle dans des relations d’amitié vraies et durables ».

L’archevêque Rowan Douglas Williams a également constaté que « les défis de notre temps sont tels qu’aucune personne d’une religion donnée ne peut prétendre avoir toutes les ressources pratiques nécessaires pour y faire face, même si nous croyons que nous avons tout ce dont nous avons besoin dans le domaine spirituel ou doctrinal ».

L’archevêque de Cantorbéry a encore affirmé : « Nous sommes ici aujourd’hui pour déclarer notre volonté – ou plutôt notre détermination passionnée – de persuader notre monde que les êtres humains ne doivent pas être des étrangers, et cette reconnaissance est aussi possible que nécessaire, à cause de notre relation universelle à Dieu ».

Le primat de la Communion anglicane s’est souvenu par ailleurs que le bienheureux Jean-Paul II « croyait passionnément que les préoccupations des êtres humains de notre époque pour la justice et la stabilité exigeaient un témoignage commun de la part des personnes croyantes, sans aucun compromis de nos propres convictions et traditions ». D’après l’archevêque de Cantorbéry, « les années ont fortement renforcé cette conviction » depuis la première rencontre à Assise il y a 25 ans.

Anne Kurian