Attentes et espoirs de l’Eglise au Moyen-Orient par Mgr Twal

Après l’annonce d’un premier synode pour cette région du monde

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ROME, Mercredi 23 septembre 2009 (ZENIT.org) - Les participants au Synode spécial pour le Moyen-Orient, prévu au Vatican du 10 au 24 octobre 2010, arriveront avec leurs propositions et leurs espoirs, sur la manière par exemple d'arrêter l' « hémorragie humaine » des fidèles chrétiens qui émigrent de la Terre Sainte.

Le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, le dit dans un entretien accordé à Radio Vatican après les réunions lundi et mardi dernier qui ont marqué le lancement des préparatifs de ce premier synode pour la région, axé sur le thème « l'Eglise catholique au Moyen Orient : communion et témoignage. 'La multitude de ceux qui étaient devenus croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme' ».

« Nous sommes heureux de l'annonce de ce Synode pour le Moyen Orient », souligne Mgr Twal.

« Considérant la situation que vivent les chrétiens et que vit toute la région, musulmans et juifs compris, précise-t-il, nous avons senti nous aussi le besoin de mettre sur la table nos peurs, nos angoisses, nos aspirations, voire même d'avancer quelque proposition pour l'avenir, de manière à confirmer nos fidèles dans leur foi, consolider leur présence contre cette hémorragie humaine de l'immigration ».

« Nous sentons le besoin d'être avec le Saint-Siège, sous les auspices du Saint-Père, ici à Rome ».

Mgr Twal reconnaît que l'Eglise au Moyen-Orient est « encore une Eglise du calvaire, une Eglise qui porte sa croix », et que celle-ci « a souvent l'impression que ce chemin de croix n'en finit plus ».

« Nous venons ici déjà blessés, souffrants, mais également pleins d'espoirs, et après le passage du Saint-Père chez nous en Terre Sainte, en Jordanie et en Palestine, en Israël, je viens réclamer solidarité et prière auprès de toute l'Eglise universelle, exhortant les conférences épiscopales, les chrétiens, à se sentir coresponsables de la communauté chrétienne qui est restée en Terre Sainte ».

« Cet appel, que le Saint-Père a déjà fait, je ne fais que le répéter, demandant plus de prières, plus de solidarité, plus de proximité à notre égard et vous serez tous les bienvenus en Terre sainte ! ».

Le patriarche latin de Jérusalem souhaite que la Terre Sainte « ne reste pas une terre de conflit pour toujours ». « A nous de donner du temps au temps, de ne jamais perdre l'espoir ».

Le patriarche explique que « le besoin de communion entre les catholiques des divers rites » sera un des points essentiels soulevés durant le synode. Mais, ajoute-t-il, « il y aura aussi le dialogue avec l'islam, avec Israël. Nombreux sont les problèmes qui nous tiennent à cœur ».

« Oui nous faisons participer au maximum nos fidèles, et ils doivent participer au maximum, ils doivent être impliqués dans ce processus de renouvellement, commente-t-il. J'espère que nous trouverons un remède à toutes ces angoisses, toutes ces peurs, tous ces obstacles, tous ces problèmes que nous vivons ».

« Un jour nous aurons la joie de vivre en paix, d'avoir une vie normale, ajoute-t-il. Nous ne demandons aucun privilège. Nous voulons vivre une vie normale comme tous les autres peuples, ce que nous n'avons pas encore ».

« Le Seigneur nous l'a dit : si quelqu'un veut me suivre, qu'il porte sa croix. Nous la portons, dans l'espoir d'avoir un jour la joie de vivre », conclut-il.