"Au début du troisième millénaire": "Le programme à venir du pontificat"

"Des pages remarquables par le ton": lecture de Mgr Jacques Perrier

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CITE DU VATICAN, Mercredi 7 mars 2001 (ZENIT.org) - La Lettre apostolique de Jean-Paul II, "Au début du troisième millénaire" (Novo millennio ineunte), publiée le 6 janvier, "apparaît "comme le programme à venir du pontificat", estime Mgr Jacques Perrier, Président du Comité épiscopale français pour le Jubilé.


"Remarquables par le ton", ces pages apparaissent aussi très personnelles, note Mgr Perrier: elles reflètent "l´expérience spirituelle et la réflexion, tant philosophique que théologique de l´ancien archevêque de Cracovie" en même temps que "le sens de l´universel et l´appel à la nouvelle évangélisation du Pasteur commun".

Eglise, qu´as-tu fait du Concile?
Dans sa présentation très synthétique publiée par L´Osservatore Romano en langue française du 6 mars, Mgr Perrier souligne la nouveauté du document du pape: "un condensé des axes les plus nets et les plus novateurs du Concile Vatican II, actualisé", "des pages remarquables par le ton… empreint d´humilité". Au passage Mgr Perrier relève ce qu´il appelle "une pointe de scepticisme" lorsque le pape interroge: "J´avais demandé que l´Eglise s´interroge sur la réception du Concile. Cela a-t-il été fait?"

L´album-souvenir
"Des quatre parties qui composent la présente Lettre, explique Mgr Perrier, le lecteur, même superficiel, retiendra sûrement l´album-souvenir que le pape feuillette d´abord… Mais, au-delà des événements, le Pape relit l´année jubilaire comme… un point de départ pour les engagements à venir".

Le visage du Christ
"La Lettre prend encore prend alors un tournant inattendu. Avant de tirer des conclusions et de formuler des recommandations, le Pape consacre la deuxième partie à une méditation (…) sur la personne de Jésus-Christ (…). Le Pape invite à contempler sans cesse le "visage" du Christ (…). Notre temps, en effet, n´a pas seulement besoin d´entendre parler du Christ. Il demande à la voir".

La vocation à la sainteté
"Les deux dernières parties de la Lettre sont consacrées à l´Eglise et aux urgences de la mission", explique l´évêque français. A propos de l´appel du pape à la sainteté pour tout Baptisé (troisième partie), Mgr Perrier remarque: "Comme le Concile Vatican II y insiste, la vocation à la sainteté vaut pour tous les membres de l´Eglise: le Pape indique quelques chemins qui y mènent".

Démarche jubilaire: dans l´Eglise locale comme à Rome
La quatrième partie, souligne Mgr Perrier, Jean-Paul II "esquisse, en plusieurs séries de touches, le portrait de l´Eglise-communion, telle que le Concile Vatican II a voulu la promouvoir". Le Pape y évoque aussi le ministère pétrinien: "Une seule fois, relève l´auteur, le Pape dit: "J´ai voulu moi-même". Qu´a-t-il voulu? Donner à chaque Eglise locale le même statut qu´à Rome pour la capacité d´y accomplir la démarche jubilaire".

Dans toutes ses dimensions
Une dimension de communion amplement développée par la Lettre. "La Lettre, explique Mgr Perrier, décline la communion dans toutes ses dimensions: entre Rome et es Eglises locales; entre Eglises des différents continents; entre pasteurs et fidèles; entre associations de chrétiens, aussi bien anciennes que nouvelles, et ensemble de la communauté".

Si communion n´est pas première, le reste ne sert à rien
Une communion à distinguer de ses modalités d´exercice, continue Mgr Perrier. "Au-delà, écrit-il, d´un fonctionnement qui est encore considérablement à améliorer (dit le pape), tant il est nouveau, il y va de la crédibilité de l´Evangile. En effet, l´unité vivant de l´Eglise dérive de l´unité divine elle-même: unité de personnes dans l´amour. Le Pape a tenu à évoquer ce mystère de la communion avant de dresser la liste de quelques tâches prioritaires: si la communion, si la charité n´est pas première, tout le reste ne sert à rien". Et de conclure: "L´après-jubilé est aussi ouvert que le Jubilé lui-même".