Audience : « Le Ressuscité doit être vu et perçu également avec le cœur »

Catéchèse sur l’apôtre Jude-Thaddée

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ROME, Mercredi 11 octobre 2006 (ZENIT.org) – « Le Ressuscité doit être vu et perçu également avec le cœur, de manière à ce que Dieu puisse demeurer en nous », explique Benoît XVI en présentant la figure de l’apôtre Jude-Thaddée, dans sa catéchèse pour l’audience générale du mercredi.



« Seul Jean, expliquait le pape, signale une question qu'il posa à Jésus au cours de la Dernière Cène. Thaddée dit au Seigneur : ‘Seigneur, pour quelle raison vas-tu te manifester à nous, et non pas au monde ?’ »

Benoît XVI soulignait l’actualité d’une telle interrogation : « C'est une question de grande actualité, que nous posons nous aussi au Seigneur : pourquoi le Ressuscité ne s'est-il pas manifesté dans toute sa gloire à ses adversaires pour montrer que le vainqueur est Dieu ? Pourquoi s'est-il manifesté seulement à ses Disciples ? »

« La réponse de Jésus, ajoutait-il, est mystérieuse et profonde. Le Seigneur dit : ‘Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui’ (Jn 14, 22-23). Cela signifie que le Ressuscité doit être vu et perçu également avec le cœur, de manière à ce que Dieu puisse demeurer en nous ».

Et Benoît XVI d’insister : « Le Seigneur n'apparaît pas comme une chose. Il veut entrer dans notre vie et sa manifestation est donc une manifestation qui implique et présuppose un cœur ouvert. Ce n'est qu'ainsi que nous voyons le Ressuscité ».

A propos de la lettre du Nouveau testament attribuée à saint Jude, le pape soulignait qu’elle « met en garde, de façon polémique, les chrétiens contre ceux qui prennent prétexte de la grâce de Dieu pour excuser leur débauche et égarer autrui avec des enseignements inacceptables, introduisant des divisions dans l’Église ».

Et il commentait : « Certes, la voie de l'indulgence et du dialogue, que le Concile Vatican II a entreprise avec succès, doit assurément être poursuivie avec une ferme constance. Mais cette voie du dialogue, si nécessaire, ne doit pas faire oublier le devoir de repenser et de souligner toujours avec tout autant de force les lignes maîtresses et incontournables de notre identité chrétienne. D'autre part, il faut bien garder à l'esprit que notre identité demande la force, la clarté et le courage face aux contradictions du monde dans lequel nous vivons ».

« On voit bien, ajoutait Benoît XVI, que l'auteur de ces lignes vit en plénitude sa propre foi, à laquelle appartiennent de grandes réalités telles que l'intégrité morale et la joie, la confiance et, enfin, la louange ; le tout n'étant motivé que par la bonté de notre unique Dieu et par la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ ».

Le pape concluait sur cette leçon à tirer des exemples de Simon et de Jude : « C'est pourquoi Simon le Cananéen, ainsi que Jude Thaddée, doivent nous aider à redécouvrir toujours à nouveau et à vivre inlassablement la beauté de la foi chrétienne, en sachant en donner un témoignage à la fois fort et serein ».

A l’adresse des visiteurs de langue française, le pape disait : « Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins francophones. Je salue particulièrement les Sœurs de Jésus-Marie et les servants de messe de la Haute-Ajoie, en Suisse. En vous mettant à la suite des Apôtres, soyez attentifs à redécouvrir et à vivre toujours plus intensément la beauté de la foi chrétienne et à en donner un témoignage fort et serein. Que Dieu vous bénisse ! »