Aujourd'hui, vous allez rencontrer le Christ

Prémisses de la "Joie de l'Evangile"

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 945 clics

« J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ » : c’est l’invitation du pape François exprimée en introduction de son exhortation apostolique « La joie de l’Evangile », « Evangelii gaudium », publiée ce 26 novembre 2013.

Le pape a symboliquement remis cette exhortation à des représentants de toute l’Eglise, dimanche dernier, 24 novembre, lors de la célébration du Christ Roi et de la conclusion de l’Année de la foi. Mais le texte a été officiellement publié ce matin.

Dans l’introduction, le pape donne des clés de lecture du texte.

Ne fuyons pas la résurrection de Jésus

Le pape François lance une invitation solennelle : « J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ  ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse » (3).

« Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que personne n’est exclus de la joie qu’apporte le Seigneur », ajoute-t-il en encourageant à « revenir à lui » lorsque l’on est « perdu » car « Dieu ne se fatigue jamais de pardonner » (3).

Pour le pape, « cet amour infini et inébranlable » permet de « relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours rendre la joie » (3).

« Ne fuyons pas la résurrection de Jésus, ne nous donnons jamais pour vaincus, advienne que pourra », insiste-t-il. En d’autres termes, il s’agit de ne pas avoir « un air de Carême sans Pâques » (6).

Il n’y a pas de conditions à la joie

« La joie ne se vit pas de la même façon à toutes les étapes et dans toutes les circonstances de la vie, parfois très dure », fait aussi observer le pape : « Elle s’adapte et se transforme, et elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude personnelle d’être infiniment aimé, au-delà de tout » (6).

Si le pape François « comprend les personnes qui deviennent tristes à cause de graves difficultés », il encourage cependant « peu à peu », à « permettre à la joie de la foi de commencer à s’éveiller, comme une confiance secrète mais ferme, même au milieu des pires soucis » (6).

D’ailleurs, pour le pape, il n’y a pas de « conditions » pour que la joie soit possible : « les joies les plus belles et les plus spontanées que j’ai vues au cours de ma vie sont celles de personnes très pauvres qui ont peu de choses auxquelles s’accrocher » (7).

Décentrons nous!

Le pape explique aussi que si cette exhortation puise dans « la richesse » des travaux du Synode pour la nouvelle évangélisation d’octobre 2012, elle exprime aussi « les préoccupations qui [l]’habitent en ce moment concret de l’oeuvre évangélisatrice de l’Église » (16).

Le magistère papal, rappelle-t-il, n’a pas pour objectif de donner « une parole définitive ou complète sur toutes les questions qui concernent l’Église et le monde », car le pape « ne remplace pas les Épiscopats locaux dans le discernement de toutes les problématiques qui se présentent sur leurs territoires ». Le pape plaide en ce sens pour une “décentralisation” salutaire (16).

Dans l’exhortation, le pape François propose « quelques lignes » pour « encourager et orienter dans toute l’Église une nouvelle étape évangélisatrice, pleine de ferveur et de dynamisme », en particulier autour des thèmes suivants, qui « aident à tracer les contours d’un style évangélisateur déterminé à assumer dans l’accomplissement de toute activité » (18) :

a) La réforme de l’Église en ‘sortie’ missionnaire.
b) Les tentations des agents pastoraux.
c) L’Église comprise comme la totalité du peuple de Dieu qui évangélise.
d) L’homélie et sa préparation.
e) L’insertion sociale des pauvres.
f) La paix et le dialogue social.
g) Les motivations spirituelles pour la tâche missionnaire.