Australie : Euthanasie et liberté religieuse au cœur des « Red Masses »

Juristes et magistrats rappelés à leurs fonctions de « sages »

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ROME, Mardi 8 février 2011 (ZENIT.org) - L'Australie vit une « bataille morale », disent les évêques du pays aux juristes et magistrats face à l'annonce d'un projet de loi qui légaliserait l'euthanasie dans tous les Etats du territoire.

Cette question, en même temps que la question de la liberté religieuse, constituait le cœur de la prédication des « Red Masses » (littéralement « Messes rouges ») célébrées au début de chaque année juridique selon une vieille tradition du Haut Moyen Age européen encore en vigueur dans les pays de culture anglo-saxonne.

Lors de ces célébrations, il est demandé à l'Esprit Saint de descendre sur les juristes et sur les magistrats afin qu'ils puissent juger en toute justice. L'adjectif « rouge » vient de la couleur rouge de l'habit que portent les prêtres, en référence à la Pentecôte.

L'archidiocèse de Sydney a diffusé la messe célébrée le 31 janvier dernier par Mgr Anthony Fisher en la cathédrale Sainte-Marie, en présence de quelque 1.000 juges, avocats, procureurs, professeurs de droit.

« Nous pourrions être au bord de la légalisation, quelque part dans le pays, du meurtre de personnes qui souffrent par ceux qui vivent dans le confort, du meurtre de personnes vulnérables par les puissants et de malades par ceux qui devraient les guérir », a souligné l'évêque dans son homélie avant de rappeler les juristes et magistrats à leur rôle de «sages » face aux « faiblesses » de la nature humaine.

A Melbourne, c'est à la liberté religieuse que l'archevêque, Mgr Denis Hart, a consacré sa « messe rouge » en la cathédrale Saint-Patrice, le 31 janvier, citant l'exemple de saint Jean Bosco et le Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix.

Bien que le message du pape insiste sur la violence contre les chrétiens, surtout au Moyen-Orient, Mgr Hart rappelle qu'il est aussi une invitation à « nous demander si, dans notre pays, la liberté religieuse pourrait être menacée ».

Soulignant que « les libertés données pour acquises pourraient se transformer facilement en libertés menacées », l'archevêque de Melbourne préconise donc une attitude de « reconnaissance » mais aussi de « vigilance » face à certaines situations qui peuvent toucher directement « la vie individuelle et sociale » de chacun.

Un des sujets brûlants, selon Mgr Hart, est « la bataille sans fin » de l'avortement.

La liberté religieuse, précise Mgr Hart, renferme en elle « le droit de chaque être humain à chercher la vérité ». La véritable raison pour laquelle elle doit être défendue et garantie renvoie à « la vérité plus profonde des êtres humains, qui ont été créés par Dieu et pour Dieu ».

« Nier aux personnes le droit de répondre à ce Dieu de manière totale, libre et ouverte » est, selon lui, « une trahison de la vraie signification de ce que devrait être le service public, sous toutes ses formes ».

Il en va de « notre compréhension de nous-mêmes et des autres, de notre compréhension de la vraie nature du monde dans lequel nous vivons », a-t-il conclu.