Aux diplomates : « Il ne suffit pas de décider de la paix pour y parvenir »

Message de Benoît XVI à cinq ambassadeurs

| 885 clics

ROME, Jeudi 18 mai 2006 (ZENIT.org) – « Il ne suffit pas de décider de la paix ou de la collaboration entre les nations pour y parvenir », avertit le pape Benoît XVI en recevant cinq nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège (cf. Ci-dessous in « Documents » pour le texte intégral en français).



Benoît XVI a en effet reçu en audience jeudi matin les nouveaux ambassadeurs du Tchad, M. Moukhtar Wawa Dahab, de l'Inde, M. Amitava Tripathi, du Cap Vert, M. Domingos Dias Pereira Mascarenhas, de Moldavie, M. Valeriu Bobutac et d'Australie, Mme Anne Maree Plunkett qui lui présentaient leurs lettres de créance.

Le pape les a reçus ensemble et il a remis à chacun un message concernant leur pays mais il leur a auparavant adressé un message commun en français.

« Vous appartenez à la grande famille des diplomates qui, dans le monde entier, s’efforcent de créer des ponts entre les pays, dans la perspective de l’instauration et de l’affermissement de la paix et de relations plus fortes entre les peuples, tant sur le plan de la solidarité fraternelle que des échanges économiques et culturels, pour le bien-être de toutes les populations de la planète », constatait le pape.

« Cela suppose, ajoutait le pape, de votre part comme de la part des Autorités légitimes des différents pays du globe et des différentes instances internationales une volonté assurée, ainsi qu’une largeur de vue, pour ne pas réduire les décisions à prendre aux simples urgences de l’instant ».

« En effet, faisait observer Benoît XVI, il ne suffit pas de décider de la paix ou de la collaboration entre les nations pour y parvenir. Encore faut-il que chacun s’y engage concrètement, acceptant de ne pas regarder uniquement l’intérêt de ses proches ou d’une classe particulière de la société, au détriment de l’intérêt général, mais en visant avant tout le bien commun des populations du pays et plus largement de l’humanité entière ».

Le pape soulignait l’importance du souci des plus démunis, et ceci pour « l’avenir » même de la planète. « À l’ère de la mondialisation, disait-il, il importe que la gestion de la vie politique ne soit pas guidée de manière prépondérante ou uniquement par des considérations d’ordre économique, par la recherche d’une rentabilité croissante, par une utilisation inconsidérée des ressources de la planète, au détriment des populations, notamment de celles qui sont les plus défavorisées, et en risquant d’hypothéquer à long terme l’avenir du monde ».

Mais Benoît XVI rappelait que la liberté religieuse aussi est un élément fondamental pour construire la paix, en disant : « La paix s’enracine dans le respect de la liberté religieuse, qui est un aspect fondamental et primordial de la liberté de conscience des personnes et de la liberté des peuples ».

Et d’expliquer : « Il est important que, partout dans le monde, toute personne puisse adhérer à la religion de son choix et la pratiquer librement et sans crainte, car nul ne peut fonder son existence uniquement sur la recherche d’un bien-être matériel. Accepter une telle démarche personnelle et communautaire aura sans aucun doute des effets bénéfiques sur la vie sociale. En effet, aimer le Tout-Puissant et l’accueillir invite chacun à se mettre au service de ses frères et à construire la paix ».

Le pape recommandait que « l’attention envers les personnes prime sur les simples aspects économiques ».

« Il est de notre devoir d’accepter d’être responsables les uns des autres, et de la marche de l’ensemble du monde. Car nul ne peut dire comme Caïn à la question de Dieu dans le livre de la Genèse: "Suis-je le gardien de mon frère ?" », insistait Benoît XVI.