« Aux nouveaux Cardinaux est confié le service de l'amour »

Consistoire du 18 février 2012, homélie de Benoît XVI

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ROME, samedi 18 février 2012 (ZENIT.org) – « Aux nouveaux Cardinaux est confié le service de l’amour », déclare Benoît XVI en expliquant le sens de la barrette – couvre-chef des cardinaux – rouge. Sur l’anneau qu’ils reçoivent sont représentés les apôtres Pierre et Paul, et l’étoile qui évoque la Vierge Marie. « Le rappel de la Vierge Marie sera toujours pour vous une invitation à suivre celle qui fut solide dans sa foi et humble servante du Seigneur », a fait observer le pape.

Il invite à entrer dans la logique de l’Evangile, du « don de soi », et non du pouvoir et de la gloire. Enfin, alors que certains media italiens se sont prêtés à des tentatives de déstabilisation, il affirme son devoir de "tenir avec une humble fermeté la barre de la sainte Église". C'est dit.

Benoît XVI a en effet présidé ce samedi matin, 18 février, en la basilique Saint-Pierre, un 4e consistoire ordinaire public pour la « création » de 22 cardinaux (cf. Zenit du 12 janvier 2012, pour les nouveautés de cette célébration et Zenit du 6 janvier 2012 pour la liste des cardinaux).

L’anneau et le « titre »

Le pape commente les éléments symboliques mis en avant par la célébration, notamment les symboles gravés sur l’anneau cardinalice qu’il remet – pour la première fois – en même temps que le « titre » et que la « barrette » - mot de la même racine que le français « béret » - : « Sur l’anneau que je vais vous remettre dans quelques instants, sont représentés les saints Pierre et Paul, avec au centre une étoile qui évoque la Vierge Marie. En portant cet anneau, vous êtes appelés chaque jour à vous souvenir du témoignage que les deux Apôtres ont donné au Christ jusqu’à la mort par le martyre, ici, à Rome, fécondant ainsi l’Église de leur sang. Tandis que le rappel de la Vierge Marie sera toujours pour vous une invitation à suivre celle qui fut solide dans sa foi et humble servante du Seigneur.

Le manuscrit avec l’attribution d’un « titre » de l’Eglise de Rome ou d’un diocèse voisin signifie que les cardinaux « sont insérés à tous les effets dans l’Église de Rome, guidée par le Successeur de Pierre, pour coopérer étroitement avec lui au gouvernement de l’Église universelle ».

Mais ils auront ainsi « des liens nouveaux et plus forts non seulement au Pontife Romain, mais aussi à la communauté des fidèles tout entière, disséminée dans le monde entier ».

De fait, ils sont associés de façon spéciale au charisme du successeur de Pierre : « En accomplissent leur service propre comme soutien au ministère pétrinien, les nouveaux cardinaux seront en effet appelés à considérer et à apprécier les situations, les problèmes et les critères pastoraux qui touchent la mission de toute l’Église ».

Le service de l’amour

Pour ce qui est de la barrette rouge, le pape précise : « Aux nouveaux Cardinaux est confié le service de l’amour : amour pour Dieu, amour pour son Église, amour pour le prochain avec un dévouement absolu et sans condition, jusqu’à l’effusion du sang, si nécessaire ».

Ils participent aussi à son charisme pour l’unité : « Il leur est demandé, ajoute le pape, de servir l’Église avec amour et vigueur, avec la clarté et la sagesse des maîtres, avec l’énergie et la force morale des pasteurs, avec la fidélité et le courage des martyrs. Il s’agit d’être d’éminents serviteurs de l’Église qui trouve en Pierre le fondement visible de l’unité. »

« Le service de Dieu et des frères, le don de soi : c’est là la logique que la foi authentique imprime et développe dans notre vécu quotidien et qui, par contre, n’est pas le style mondain du pouvoir et de la gloire », insiste Benoît XVI.

Alors que ces dernières semaines, des tentatives d’entraver le travail de transparence de Benoît XVI – dans les domaines de l’éthique ou de la transparence financière -  le pape rappelle la règle du service et de l’humilité : « Domination et service, égoïsme et altruisme, possession et don, intérêt et gratuité : ces logiques profondément opposées se confrontent à toute époque et en tout lieu. Il n’y a aucun doute sur la voie choisie par Jésus : il ne se limite pas à l’indiquer par ses paroles aux disciples de l’époque et d’aujourd’hui, il la vit aussi dans sa propre chair ».

Priez aussi pour moi

Le pape appelle, à la suite du Christ à un « don total » : « Chers Frères qui allez être devenir membres du Collège cardinalice ! Que le don total de soi, offert par le Christ sur la croix, soit pour vous la norme, le stimulant et la force d’une foi qui opère dans la charité. Que votre mission dans l’Église et dans le monde soit toujours et uniquement « dans le Christ », qu’elle réponde à sa logique et non à celle du monde, qu’elle soit éclairée par la foi et animée par la charité qui nous viennent de la Croix glorieuse du Seigneur. »

« Priez aussi pour moi, conclut le pape, afin que je puisse toujours offrir au Peuple de Dieu le témoignage de la doctrine sûre et tenir avec une humble fermeté la barre de la sainte Église. »

Anita Bourdin