Aux travailleurs chrétiens: La démocratie, garantie de l’égalité et des droits

Discours de Benoît XVI

| 734 clics

ROME, Vendredi 27 janvier 2006 (ZENIT.org) – Seule la démocratie « peut garantir l’égalité et les droits de tous », déclare Benoît XVI dans un discours aux responsables des Associations chrétiennes des travailleurs italiens (ACLI, http://www.acli.it/home.asp), guidés par leur président Luigi Bobba, à l’occasion du 60e anniversaire de leur fondation.



Mais il souligne, dans sa réflexion sur les piliers de l’enseignement social de l’Eglise, que cette démocratie doit être fondée sur les « valeurs » sous peine de se transformer en « totalitarisme ».

« Le dimanche, jour de repos, est un choix de civilisation », rappelait également le pape, en mettant en relief la défense de la vie comme priorité sociale de notre époque, souligne pour sa part Radio Vatican.

L’Osservatore Romano, dans son édition quotidienne en italien du 28 janvier titre de son côté sur cette triple fidélité recommandée par le pape: « Fidélité aux travailleurs, fidélité à la démocratie, fidélité à l’Eglise ».

« La justice, insistait le pape, est le banc d’essai d’une démocratie authentique. Ceci posé, il ne faut pas oublier que la recherche de la vérité constitue en même temps la condition de possibilité d’une démocratie réelle et non apparente: «une démocratie sans valeurs se transforme facilement en totalitarisme, ouvert ou caché, comme l’histoire le démontre». »

« La première fidélité que les ACLI sont appelés à vivre est la fidélité aux travailleurs, disait le pape. C’est la personne qui est le « mètre qui mesure la dignité du travail ». C’est la raison pour laquelle le magistère a toujours rappelé la dimension humaine de l’activité du travailleur, en la ramenant à sa finalité véritable, sans oublier que le couronnement de l’enseignement biblique sur le travail est le commandement du repos. Exiger par conséquent que le dimanche ne soit pas assimilé aux autres jours de la semaine est un choix de civilisation ».

La priorité de l’homme sur le travail revient au primat de l’être sur l’avoir, soulignait en substance le pape. Une « hiérarchie » à contre-courant face à la mentalité économique contemporaine que Benoît XVI a rappelé avec force, en élargissant la vision au primat du « travail sur le capital », et de la « destination universelle des biens sur le droit à la propriété privée ». Il soulignait aussi comme un élément d’une importance sociale fondamentale pour une époque hyper-technologique: la « défense de la vie ».

« Nous vivons à une époque où la science et la technique offrent des possibilités extraordinaires pour améliorer l’existence de tous. Mais une mauvaise utilisation de ce pouvoir peut provoquer des menaces graves et irréparables pour le destin de la vie même (…). La protection de la vie de la conception à son terme naturel, et où qu’elle soit menacée, offensée ou piétinée, est le premier devoir où s’exprime une authentique éthique de la responsabilité, qui s’étend de façon cohérente aux autres formes de pauvreté, d’injustice, et d’exclusion ».

Enfin, Benoît XVI recommandait la fidélité à l’Eglise, en disant: « Seule une adhésion cordiale et passionnée au chemin ecclésial garantira cette identité nécessaire qui sait se faire présente dans tout milieu de la société, et du monde, sans perdre la saveur et le parfum de l’Evangile ».

Le pape invitait les ACLI a « élargir les frontières » de leur « action sociale », afin que « l’avenir de l’humanité soit toujours animé par l’espérance chrétienne ».