Bangladesh : L'Église contre la violence faite aux femmes

Un projet Caritas enraye la pratique de la dot dans 1.000 villages

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ROME, Mercredi 28 juillet 2010 (ZENIT.org) - L'Église au Bangladesh mène depuis des années une lutte contre la pratique de la dot et contre la violence à l'égard des femmes qui en découle. Un projet de la Caritas a déjà permis d'enrayer cette pratique dans 1.000 villages du pays.

Bien qu'illégale depuis 1980, cette tradition est encore très répandue, surtout dans la partie nord occidentale du Bangladesh, à l'instar d'autres régions du sous-continent indien.

Ce phénomène est la cause, dans le pays, du nombre dramatique d'infanticides chez les petites filles à leur naissance, et de l'escalade, ces dernières années, des avortements sélectifs que favorisent les nouveaux instruments de diagnostic prénatal.

Avoir une fille a souvent un coût insoutenable pour les familles qui, pour payer la dot, s'endettent jusqu'à finir, assez souvent, dans la misère.

Tout aussi dramatique est le sort qui attend les femmes dont la dot est jugée insuffisante, ou dont les parents ne parviennent pas à payer leur dette : uxoricides, maltraitances domestiques, tortures et agressions à l'acide qui, si elles ne tuent pas, défigurent pour la vie, sont à l'ordre du jour dans le pays, même si la presse locale n'en parle que depuis peu de temps.

Face à une pratique aussi difficile à déraciner, souligne l'agence Eglises d'Asie, les paroisses et les organisations catholiques du Bangladesh s'activent notamment sur le front de la sensibilisation.

« Nous tentons d'expliquer aux gens que ce système est négatif et qu'ils doivent l'abandonner pour toujours », explique le père Anthony Sen, curé de paroisse à Thakurgaum.

Dans ce but, Caritas Bangladesh organise des spectacles de Gambhira, des représentations théâtrales traditionnelles à fond musical et de danses, très populaires dans la zone occidentale du pays, à la frontière avec la région indienne du Bengale. Une manière de faire arriver le message aux catégories les moins instruites de la population.

« Nous avions jadis essayé à travers des colloques et des réunions, mais cela n'a pas fonctionné », rapporte le responsable local du projet Caritas, Suklesh George Costa.

Cette nouvelle initiative semble bien foctionner. Dans les villages impliqués dans le projet (environ 1.000), la pratique de la dot a disparu.

Nieves San Martín