Bartholomaios Ier, témoin d'exception de l'ouverture du Concile

Prier pour les chrétiens du Moyen-Orient

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Anita Bourdin

ROME, vendredi 12 octobre 2012 (ZENIT.org) – Le patriarche Bartholomaios rappelle qu’il a été, avec joie, un « témoin oculaire de Vatican II » à l’époque où il étudiait à l’Institut pontifical oriental de Rome, et qu’il était logé au Séminaire français de Rome – le prestigieux Ponficio seminario gallico (PSG) – qui a justement pour devise « un seul cœur et une seule âme ». Il invite à prier pour les chrétiens du Moyen Orient.

Le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomaios Ier, a en effet pris la parole du terme de la messe présidée par Benoît XVI pour l’inauguration de l’Année de la foi, ce jeudi matin, 11 octobre, place Saint-Pierre.

Cette messe votive pour la nouvelle évangélisation a marqué le 50eanniversaire de l’ouverture de Vatican II par le bienheureux Jean XXIII, le 11 octobre 1962 et le 20eanniversaire de la promulgation du Catéchisme de l’Eglise catholique.

La continuité de la tradition

Le patriarche a confié avoir constaté la « richesse » de cette expérience à l’intérieur mais aussi en–dehors de l’Eglise catholique.  Il a souligné qu’il a été un « témoin oculaire » de la façon dont « les évêques ont renforcé le sens de la continuité de la tradition et de la foi transmise aux saints » apôtres par le Christ.

Et c’est du Christ souffrant que le patriarche est parti en rappelant la prière de Jésus, qui se préparait à vivre « l’expérience de Gethsémani », a prié, comme le rapporte l’Evangile selon saint Jean (17, 11) : « Garde dans ton nom ceux que tu m’as donné pour qu’ils soient une seule chose comme nous sommes un ».

« Nous avons été gardés au cours des siècles, constate le patriarche, par la puissance et l’amour du Christ. (…) L’Esprit Saint tombé sur nous a guidé ce long parcours vers unité visible voulue par le Christ » : il a cité le décret conciliaire sur l’œcuménisme, Unitatis Redintegratio (§1).

« Même si nous sommes toujours des frères séparés, constate le patriarche, le mouvement » œcuménique « s’élargit de jour en jour en vue du rétablissement de l’unité tous les chrétiens ».

Il se rappelle de la célébration « puissance et significative » d’il y a 50 ans, sur cette même place Saint-Pierre, où « le cœur et l’esprit de l’Eglise catholique romaine » ont parlé « au monde contemporain ».

Pour Bartholomaios Ier, cette ouverture de Vatican II constitue une « pierre miliaire », une « borne » décisive sur cette route de l’unité.

Il souligne qu’aujourd’hui comme alors, « le Christ est là où deux ou trois sont réunis en son nom » et c’est « l’Esprit Saint » qui conduira « la vérité tout entière ».

Il se souvient « avec clarté et tendresse, exultation et enthousiasme », de ces événements, de la rencontre d’évêques et de théologiens, alors qu’il était « jeune diacre » étudiant à « l’Institut pontifical oriental » et qu’il a pu assister à une session spéciale du concile.

Dialogue dans l’amour

Il constate aussi le chemin parcouru en terre orthodoxe, la première conférence panorthodoxe de Rhodes, les rencontres préparant un grand concile orthodoxe, les échanges voulant manifester au monde moderne « un grand témoignage de l’unité l’Eglise orthodoxe ».

Avec l’Eglise catholique, il cite, dans le « dialogue de l’amour », la l’annonce de la Commission internationale pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe mise en place par le pape Jean-Paul II et le patriarche Demetrios.

Il compte, au cours de ces cinq décennies, les « conquêtes variées » et toute une série de constitutions, déclarations, décrets importants, mais surtout ce «  renouveau liturgique, biblique et patristique » qui a permis de se « libérer de la limitation académique pour s’ouvrir au dialogue ».

Ces 50 ans ont aussi été marqués, rappelle-t-il, par la levée des excommunications réciproques de 1054, le retour des reliques, des dialogues importants, des visites réciproques.

Et s’il constate que ce chemin n’est « pas toujours facile ni exempt de souffrance », c’est la « porte étroite » de l’Evangile, mais une porte qui doit « rester ouverte » en dépit des difficultés, comme les questions concernant le mystère de l’Eglise ou l’autorité des évêques.

Il invite à « toujours approfondir » ce qu’il appelle « l’interprétation ecclésiale de Vatican II » et redit l’importance du dialogue entre les Eglises sœurs.

Il cite cette conclusion du décret conciliaire : « Le saint Concile en a l’espoir, le mur qui sépare l’Église d’Orient de celle d’Occident étant abattu, il n’y aura plus qu’une seule demeure, solidement établie sur la pierre angulaire, le Christ Jésus qui fera l’unité de l’une et de l’autre » (Unitatis redintegratio, 18) .

Pour les chrétiens du Moyen-Orient

Il se réjouit que les chrétiens soient devenus «  capable d’arriver à une appréciation meilleure et à une expression plus complète du visage du Christ, tel qu’elle apparaît dans l’Eglise primitive et à la lumière concile des premiers millénaires ».

« Notre présence, affirme-t-il,  marque notre engagement de témoignage ensemble du message de salut », notamment pour les

pauvres, opprimés, marginalisés – il fait allusion à la lecture d’Isaïe -.

Il en appelle spécialement à la prière pour « la paix et la santé de nos frères et sœurs du Moyen Orient » qui souffrent la « violence », la « séparation », les « divisions entre peuples et nations », pour que l’emportent « l’amour » et la « compréhension ».

Pour le patriarche, le « dialogue » des chrétiens et leur « respect réciproque » offrira au monde un « modèle », c’est pourquoi il invite à « travailler ensemble pour surmonter la douleur des peuples », faite de faim, désastre naturels, guerre.

Il dit enfin son « appréciation » pour ce qui a déjà été fait, et se dit « honoré » d’avoir été invité à « participer » et à parler en cette « commémoration solennelle et festive du concile ».

Mais cette célébration coïncide avec « l’inauguration solennelle de l’Année de la foi » et elle « offre un signe évident du chemin accompli sur la route de la réconciliation et de l’unité  visible ».

Le patriarche a conclu en présentant ses félicitations à son « frère bien aimé » avec une « accolade joyeuse à l’occasion de cette célébration commémorative ».