« Bâtir un Congo plus beau qu’avant n’est pas une utopie »

Clôture du colloque national sur le 50ème anniversaire de la RDC

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ROME, Jeudi 17 juin 2010 (ZENIT.org) - « Le Congo nouveau sera bâti sur les valeurs éthiques et évangéliques », a déclaré l'archevêque de Kisangani, Mgr Marcel Utembi Tapa, en clôturant, samedi dernier, les travaux du colloque national organisé du 9 au 12 juin par la Conférence épiscopale nationale du Congo à l'Université catholique du Congo sur le thème : « Prendre le plus bel élan pour bâtir un Congo plus beau qu'avant ».

Parlant au nom du président de la Conférence épiscopale, Mgr Niscolas Djomo, évêque de Tshumbe, Mgr Utembi a précisé que « la Conférence épiscopale a indiqué le chemin d'une spiritualité authentique pour un bonheur partagé » et garanti que « l'action pastorale tirera lumière des recommandations du colloque » .

Une vingtaine d'évêques étaient présents aux travaux du colloque, qui se tenait dans la salle des conférences de l'Université.

Pendant quatre jours les participants ont pris des résolutions et recommandations pour l'avenir de la nation après avoir « jeté un regard sur l'histoire et le présent », rapporte l'agence DIA, l'agence catholique de documentation et d'information pour l'Afrique, publiant sur son site un compte-rendu de la Commission épiscopale des communications sociales.

« D'où venons-nous, où en sommes-nous et où allons-nous, cinquante ans après l'indépendance ? » : Tel était le cœur des exposés et des débats introduits par des conférenciers issus aussi bien de la Conférence épiscopale et des milieux ecclésiastiques que des instances gouvernementales.

Les participants se sont quittés après avoir rappelé que « l'indépendance a eu lieu comme événement mais qu'elle reste une tâche permanente, avec des défis qui appellent au discernement pour de nouveaux engagements de l'Église et de l'État ».

Les défis, rappelle l'agence DIA, sont par exemple ceux d'« une catéchèse appropriée », de « la formation du laïcat » et « d'efforts prospectifs » pour réussir le pari de la démocratie.

L'Église s'investira également comme par le passé dans l'enseignement et la formation de la jeunesse, rapporte l'agence catholique africaine, précisant que son rôle « sera encore déterminant », notamment dans la formation de la jeunesse, impliquant aussi l'entretien des infrastructures et une plus grande conscience de la dignité congolaise, ainsi qu'une éducation à la non-violence.

Les évêques ont par ailleurs été invités à « organiser des catéchèses régulières dans leur cathédrale et chapelles voire dans les médias » .

Des efforts pour un Congo nouveau seront aussi déployés en vue « d'un développement économique durable ». Parmi d'autres défis à relever les évêques soulignent celui de « la mal-croyance », ajoute l'agence DIA.

La séance de clôture des travaux du colloque a également été marquée par « un moment d'évaluation et de souvenir » : le secrétaire général de la Conférence épiscopale, l'abbé Léonard Santedi, a fait observer une minute de silence suivie d'une prière en mémoire de tous les ouvriers de l'évangélisation de la RDC : évêques, prêtres, religieuses et religieux, catéchistes... et toutes les victimes des guerres depuis 50 ans.

L'abbé Santedi a conclu la prière en souhaitant que « le Seigneur suscite en RDC des politiciens saints qui puissent travailler pour le développement de la nation tout en étant, au nom de leur foi, sel et lumière du monde ».

L'abbé Santedi a aussi présenté le livre publié à l'occasion du cinquantenaire pour les 50 ans de l'école théologique de Kinshasa, remettant un exemplaire à l'archevêque de Mbandaka-Bikoro, Mgr Joseph Kumuondala, représentant toute la Conférence épiscopale.

Quant au recteur de l'Université catholique, le Père Jean Bosco Matand, il a remercié tous les participants au colloque, soulignant qu'il avait donné à l'Université catholique « l'occasion de vivre sa devise ‘lumen super flumen', la lumière au-dessus du fleuve » et que « chacun doit désormais se rendre compte que le salut de la nation a priorité sur le salut individuel ».

« Bâtir un Congo plus beau qu'avant n'est pas une utopie », a-t-il conclu. « Bien au contraire, le Congo vivra des valeurs évangéliques, qui sont de vraies valeurs humaines » .

Isabelle Cousturié