Belgique : quand des détenus veulent mourir

Cinq demandes d'euthanasie

Rome, (Zenit.org) | 1650 clics

Cinq nouveaux cas de demandes d’euthanasie de détenus en Belgique sont signalés par un site flamand, après le premier cas d'euthanasie d'un détenu en septembre 2012.

Les cinq demandes déposée seraient en cours d'examen selon la Ministre belge de la Justice, Mme Annemie Turtelboom.

Le 13 septembre 2012 une première euthanasie de détenu a été révélée par "Het Laatste Nieuws": il avait 48 ans, il était incarcéré depuis 20 ans pour un double meurtre, et aurait été atteint d’une maladie psychique. Une demande d'euthanasie peut en effet être déposée en Belgique pour souffrance psychique.

A cette occasion, l’association belge des syndicats médicaux (ABSyM) a déploré que le ministère belge de la Justice n'investisse pas assez "dans le suivi médical adéquat des détenus souffrant de pathologies psychiques".

L’Institut Européen de Bioéthique (IEB) a tiré le signal d’alarme : « A partir du moment où l’euthanasie est autorisée pour de seules souffrances psychiques, en arriverons-nous à considérer que le fait d’être incarcéré pour une très longue durée constitue une souffrance psychique suffisante pour justifier une demande d’euthanasie ? ».

La loi sur l’euthanasie a dix ans d’existence en Belgique, a rappelé « Catho.be ». Et l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr André-Joseph Léonard a publié à cette occasion une « carte blanche » dans La Libre Belgique (en français) et De Standaard (en néerlandais) intitulée «Euthanasie : 10 ans après, où est le bien commun ?».

Redisant toute sa sympathie à l’égard des personnes qui souffrent intensément, minées par la maladie et bouleversées par la perspective d’une mort prochaine, il s’interrogeait, entre autre, sur l’argument souvent avancé pour plaider en faveur de la dépénalisation de l’euthanasie, à savoir la liberté individuelle de disposer de sa vie et de sa mort.

Mgr Léonard estimait que « dix ans après, on perçoit mieux que l’euthanasie n’est jamais une décision concernant seulement la liberté de ceux qui la demandent ».

Et de préciser que le « cri de détresse » des personnes en phase terminale ne devait pas nécessairement être interprété comme une volonté de mourir à proprement parler.