Bénin : Honneur aux enfants !

Visite du pape dans la paroisse Sainte-Rita de Cotonou

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ROME, dimanche 20 novembre 2011 (ZENIT.org) – « Laissez venir à moi les petits enfants » : voilà ce que la rencontre de Benoît XVI avec des enfants, a fait vivre à l’Eglise au Bénin. Cette rencontre s’est faite sous le double signe de la simplicité et de l’enthousiasme.


Le pape a en effet réservée une rencontre aux enfants, hier, samedi 19 novembre, à Cotonou. C’est une première dans l’histoire des voyages du pape. Il a d’abord présidé une célébration au Foyer « Paix et joie », tenu par les Missionnaires de la Charité, avant de poursuivre l’audience dans la paroisse sainte Rita attenante. 


Arrivé aux alentours de 17h20, le cortège papal est passé au milieu d’une foule joyeuse, et sous des banderoles aux couleurs du Vatican, tendues de part en part de la rue.

Au Foyer « Paix et joie »

A sa descente de voiture, le pape a été accueilli par les instances locales au son de rythmes africains reprenant : « A toi la gloire, O Ressuscité ! ».


L’entrée de la pouponnière des Missionnaires de la Charité était ornée d’un arc de ballons de baudruche jaunes et blancs. Sous cet arc, de nombreux fidèles sont venus saluer Benoît XVI. Une religieuse vêtue du fameux sari blanc bordé d’un liseré bleu lui a glissé une guirlande de fleurs autour du cou en signe d’accueil. 


Au milieu de la foule, un groupe d’enfants du Foyer, habillés de rouge, le front ceint de bandeaux, est venu entourer le pape en chantant et dansant avec légèreté. Leurs petites frimousses ne cachaient pas leurs sourires de fierté. Avec un pas de danse, très souples, ils ont entraîné Benoît XVI jusqu’au hall où s’est déroulé la célébration.


Les enfants du Foyer y ont d’abord chanté à plein poumon un « Bienvenu chez nous, Pape ! » très dynamique. Le pape a applaudi, visiblement très touché. Même les responsables de la sécurité ne parvenaient pas à dissimuler leurs sourires attendris.


Avec une simplicité toute naturelle, enfants, religieuses, dignitaires et pape se côtoyaient comme une même famille. Il faut dire qu’il était difficile de ne pas se sentir proches, dans la promiscuité imposée par l’espace exigu. Le moindre geste devenait très humain : un nourrisson a été présenté au pape qui l’a béni. Une petite fille a remis au nom de tous un présent à Benoît XVI.


La chaleur et la fatigue de fin d’après-midi marquaient le visage du pape. Pourtant celui-ci s’est exprimé d’une voix tonique pour prier un Notre Père et un Je vous salue Marie avec les enfants avant de les bénir.


Dans la paroisse Sainte-Rita

A nouveau avec un pas de danse, au rythme d’un éclatant « Jubilez ! Criez de joie ! » - le Bénin fête le jubilé de ses 150 ans d’annonce de l’Evangile - , les enfants et les paroissiens se sont dirigés vers l’église attenante, avec le pape, très entouré.


Lorsque Benoît XVI est entré dans l’église paroissiale Sainte-Rita, il s’est arrêté à l’entrée pour bénir à nouveau des enfants. Puis il a parcouru l’allée centrale bordée d’étoffes blanches, comme parure de fête. Le pape a rejoint le chœur, à l’ombre d’un grand Christ en croix sur une peinture de nuages pourpre et or.


Les 800 places de l’église paroissiale fourmillaient d’enfants agitant leurs drapeaux, leurs mouchoirs, et penchant leur minois de tous côtés pour mieux « voir » le pape. 


Lorsque Benoît XVI s’est assis, l’euphorie était à son comble. Les paroissiens transportés de joie applaudissaient à tout rompre et scandaient le slogan de la visite du pape :
« Pape au Bénin ! Réconciliation !
Pape au Bénin ! Justice !
Pape au bénin ! Paix ! »


De la foule joyeuse venaient des exclamations, les rires fusaient. Mgr René-Marie Ehuzu, évêque de Porto Novo, qui devait entamer le discours d’accueil, a dû attendre plusieurs minutes. Il a fini par réclamer le silence, non sans humour : « Silence ! » « Silence…. » a-t-il demandé à plusieurs reprises, avant d’ajouter : « Je veux entendre une mouche voler ». 


Mgr Ehuzu a parlé au nom des enfants, s’exprimant avec leur limpidité : « Nous vous aimons et nous sommes heureux d’être avec vous en ce moment ».


Il a rappelé que « la vie est une valeur fondamentale et l’enfant est un don de Dieu ». Il a en outre remercié le pape d’offrir aux enfants « l’espace pour les rencontrer et leur offrir l’amour de Jésus ».
L’évêque a demandé à Benoît XVI que l’Eglise « continue son combat en leur faveur » et qu’elle se fasse leur « porte-parole » au niveau des gouvernements.


Le discours de l’évêque a été suivi par celui d’une petite fille d’une dizaine d’années, Aïcha, coiffée d’un superbe foulard bleu à la mode africaine. Aïcha, qui se tenait très droite, la tête haute, s’est adressé au pape au nom de « tous les enfants ».


« C’est la première audience publique adressée à des enfants de notre âge », a-t-elle prononcé en articulant avec grande application. « Nous sommes très honorés » a-t-elle poursuivi.


La petite fille a remercié Benoît XVI pour « la foi » qu’il est venu « ranimer » en eux. « Nous sommes disposés, a-t-elle affirmé, à accueillir votre message ».


« En retour, nous aurions voulu vous faire un don à la taille de notre reconnaissance. Mais nous n’avons que notre prière d’enfants ». Elle a assuré au pape qu’ils demandaient à Dieu «de le « fortifier au jour le jour » dans son « ministère » .


Tandis qu’Aïcha parlait, deux enfants sont venus présenter au pape un tableau « souvenir » : un cadre doré entourant une photo de Benoît XVI sur fond de l’Afrique, représentée par le logo de ce voyage (une Afrique en forme de colombe bleue, sur laquelle se dresse une croix d’or, signe de résurrection).


Benoît XVI a livré à son tour un vrai « petit catéchisme » aux enfants (cf. Zenit du 19 novembre 2011). Très concret, il n’a pas hésité à sortir son chapelet de sa poche, sous les applaudissements, pour inviter les enfants à prier, et à « pousser les parents » à les accompagner à l’église.


Benoît XVI a conclu l’audience par un Je vous salue Marie et une bénédiction. Avant de partir, il a offert, sous les yeux ravis des paroissiens, un tableau représentant une Vierge à l’enfant devant la crèche.


Le Foyer « Paix et joie » accueille plusieurs dizaines d’enfants abandonnés, ou malades. Certains sont victimes du sida. Les six religieuses de Mère Teresa coopèrent avec la paroisse pour la prise en charge de ces enfants. 


Anne Kurian