Benoît XVI à la Slovénie : « La raison et la foi ont besoin l’une de l’autre »

Une réponse à la sécularisation

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ROME, Vendredi 25 janvier 2008 (ZENIT.org) - Si l'Europe veut continuer à maintenir la paix dans ses frontières, elle doit respecter la valeur fondamentale de la personne humaine, héritée largement de son patrimoine chrétien, a déclaré le pape Benoît XVI dans son discours aux évêques de Slovénie, au terme de leur visite ad limina, jeudi 24 janvier. Il souligne aussi, en réponse à la sécularisation, que « la raison et la foi ont besoin l'une de l'autre ». 

Le pape a remercié les évêques de leur invitation à se rendre dans leur pays à l'occasion du congrès eucharistique national de 2009

Benoît XVI a par ailleurs rappelé 4 étapes significatives de l'histoire récente de la Nation slovène : son entrée dans l'Union européenne, le 1er mai 2004, l'adoption de l'euro, en 2007 et l'entrée dans « l'espace Schengen », et le semestre de présidence slovène de l'UE, qui vient de commencer.

Benoît XVI a voulu rappeler le caractère central du patrimoine chrétien du pays et de l'Europe, face aux tentations de la sécularisation.

« Si l'Europe, disait notamment Benoît XVI, veut rester et devenir toujours davantage une terre de paix, en conservant comme une des valeurs fondamentales le respect de la dignité de la personne humaine, elle ne peut renier la principale composante - au plan spirituel et éthique - de ce fondement, c'est-à-dire la [composante] chrétienne ».

Mentionnant la lettre pastorale des évêques, du 23 avril 2004, avant l'entrée dans l'UE, le pape a pour sa part souligné que le christianisme « est la religion de l'espérance : espérance dans la vie, dans le bonheur sans fin, dans l'accomplissement de la fraternité entre tous les hommes ».

Et ceci, disait le pape, est vrai sur tous les continents, et aussi dans une Europe où de nombreux intellectuels ont encore du mal à accepter le fait que la raison et la foi ont besoin l'une de l'autre, pour que se réalise leur véritable nature et leur mission ».

Or, si l'on considère l'homme de façon « individualiste », on a du mal, faisait remarquer le pape, à favoriser la construction « d'une communauté juste et solidaire ».

« La sécularisation occidentale, différente et peut-être plus rusée que la sécularisation marxiste, présente des signes qui ne peuvent pas ne pas nous préoccuper. Que l'on pense, par exemple à la recherche effrénée des biens matériels, à la diminution de la natalité, et encore au frein de la pratique religieuse, avec une diminution sensible des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée ».

C'est pourquoi le pape recommandait à l'Eglise de Slovénie de « répondre à la culture matérialiste et égoïste par une action d'évangélisation cohérente, qui parte des paroisses ».

Car c'est des communautés paroissiales, insistait en substance le pape, que peuvent et doivent venir des initiatives et des actes concrets de témoignage chrétien.

Il soulignait l'importance du témoignage de la pauvreté évangélique en disant : « Chaque communauté doit utiliser les biens terrestres simplement, comme au service de l'Evangile ». « A toutes les époques de l'Eglise, le témoignage de la pauvreté évangélique a été un élément essentiel de l'évangélisation, comme dans la vie du Christ », a souligné le pape.

Enfin, le pape a rappelé l'importance de la conversion personnelle et communautaire et d'une « fidélité toujours plus grande à l'Evangile dans l'administration des biens de l'Eglise » de façon à « offrir à tous le témoignage d'un peuple chrétien engagé à se mettre en harmonie avec les enseignements du Christ ».

Anita S. Bourdin